La plupart des Européens ont, aujourd’hui, une espérance de vie bien plus longue que celle de la génération précédente, mais d’importantes inégalités demeurent d’un pays à l’autre et dans un même pays. Ces inégalités en matière de santé sont en grande partie imputables aux disparités dans l’accès aux soins et la qualité des soins, ainsi qu’aux modes de vie et aux comportements des individus, selon un nouveau rapport conjointement réalisé par l’OCDE et la Commission européenne.

L’édition 2014 du Panorama de la santé : Europe (en anglais) montre que l’espérance de vie dans les pays membres de l’UE s’est allongée de plus de cinq ans en moyenne depuis 1990. Néanmoins, l’écart entre l’espérance de vie la plus longue (Espagne, Italie et France) et l’espérance de vie la plus courte (Lituanie, Lettonie, Bulgarie et Roumanie) se maintient autour de huit ans.

Dans tous les pays de l’UE, les personnes ayant un niveau d’instruction élevé vivent généralement plusieurs années de plus et en meilleure santé que celles qui ont un moins bon niveau d’études. C’est particulièrement le cas en Europe centrale et orientale.

Ces constats soulignent l’importance pour tous les pays européens de mettre en place des stratégies efficaces de santé publique pour prévenir les maladies et réduire les inégalités en matière de santé.

 

Les inégalités dans l’accès aux soins de santé contribuent aux inégalités dans l’état de santé

Dans la plupart des pays de l’UE, la couverture santé universelle a préservé l’accès aux soins de santé pendant la crise économique récente, à l’exception de la Bulgarie et de la Grèce où de nombreuses personnes ont perdu leur couverture d’assurance maladie au moins temporairement. Toutefois, la couverture de certains biens et services de santé s’est réduite dans plusieurs pays, et les dépenses laissées à la charge des patients ont augmenté. Le rapport de l’OCDE/CE montre qu’en moyenne, dans les pays de l’UE, la proportion d’individus déclarant que leurs besoins en matière de soins médicaux et de soins dentaires ne sont pas tous satisfaits est deux fois plus importante parmi les personnes à faible revenu que dans l’ensemble de la population, et quatre fois plus importante que dans les catégories de revenus élevés.

 

La qualité des soins s’améliore mais d’importantes disparités subsistent

Dans la plupart des pays européens, les soins de santé ont encore gagné en qualité ces dernières années en dépit de la crise. Par exemple, sur les dix dernières années, le taux de mortalité des personnes victimes d’une crise cardiaque a chuté de 40 % et chez les victimes d’AVC, il a reculé de 20 % en moyenne dans les pays de l’UE. D’importantes disparités subsistent cependant au regard des chances de survie à ces maladies potentiellement mortelles. Par exemple, le risque de décéder 30 jours après une admission à l’hôpital pour une crise cardiaque est environ deux fois plus élevé en Hongrie et en Lettonie qu’au Danemark et en Suède. Par ailleurs, on observe encore des écarts conséquents entre pays de l’UE dans la survie des malades à différents types de cancers.