04/04/2016 à 10:57
, Mis à jour le
04/04/2016

Le numéro 6 (Avril, Mai, Juin) de Pouvoirs d’Afrique publie un spécial sur le pouvoir en République démocratique du Congo où le président Joseph Kabila irrite la classe politique en essayant de s’octroyer un troisième mandat. La constitution le lui interdit, il a essayé de la modifier créant des troubles un peu partout dans le pays. Dans cette ambiance déjà électrique, les révélations sur les pratiques financières de la firme panaméenne Mossack Fonseca, n’arrangent pas les affaires du clan Kabila.
En effet, Jaynet Désirée Kabila Kyungu, 44 ans, est une femme d’affaires à la tête du groupe de médias Digital Congo. La sœur jumelle du président Joseph Kabila dirige la fondation dédiée à son père, l’ancien président Laurent Désiré Kabila (mai 1997-janvier 2001). Elle est aussi députée du Katanga, la riche province minière découpée en quatre à la suite de la réorganisation territoriale entrée en vigueur le 30 juin 2015. Elle serait également une conseillère de l’ombre, très écoutée par son frère jumeau, le chef de l’Etat, Joseph Kabila. Elle vient de faire l’actualité, bien malgré, via la firme panaméenne Mossack Fonseca.

Selon le journal Le Monde, qui a publié des articles sur les fuites de la firme panaméenne, Jaynet Désirée Kabila Kyungu a été codirectrice de Keratsu Holding Limited, avec l’homme d’affaires congolais Feruzi Kalume Nyembwe, ancien conseiller de Laurent Désiré Kabila.
Cette société a été enregistrée par Mossack Fonseca à Niue le 19 juin 2001, soit quatre mois après l’assassinat du président Laurent Désiré Kabila par l’un de ses gardes du corps le 16 janvier 2001, révèle Le Monde.
Etablie dans un petit Etat insulaire du Pacifique inscrit sur la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE, Keratsu Holding Limited a détenu 19,6 % des parts du consortium Congolese Wireless Network (CWN) qui a contrôlé 49 % des parts de l’opérateur téléphonique Vodacom Congo. Feruzi Kalume Nyembwe est également le cogérant de CWN.
Cet homme d’affaires tentera de réactiver cette société en juillet 2010 dans une déclaration écrite sous serment adressée aux autorités judiciaires de Niue qui lui reprochent des impayés depuis quatre ans. « J’ai maintenant besoin que Keratsu Holding Limited soit restaurée et réinscrite avant que les actifs de la société puissent être réalisés », écrit-il.
A cette date, son conseil se tourne vers Mossack Fonseca pour insister : « Feruzi Kalume Nyembwe a besoin de percevoir les dividendes (…) et de signer un contrat avec la société sud-africaine Dikopane pour le développement de nouvelles technologies».
Car l’homme d’affaires congolais est alors en guerre ouverte avec un autre partenaire au sein de CWN au sujet de Vodacom Congo et de sa dissolution. Depuis 2013, il signe les documents de Keratsu Holding Limited pour Jaynet Désirée Kabila Kyungu.