Casablanca a récemment accueilli une rencontre stratégique qui a été marquée par la ferme volonté communément exprimée de renforcer l'intégration des marchés de capitaux africains, à travers le Marrakech Pledge, dans la finance durable et la transition vers des pratiques ESG.
Tenue le 7 décembre, la réunion du Marrakech Pledge, organisée par l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) et la Bourse de Casablanca, a mis en lumière les progrès et les défis des marchés de capitaux africains dans l’adoption des normes internationales de durabilité et de reporting ESG (Environnement, Social, Gouvernance).
La réunion, à laquelle ont participé des institutions phares telles que l’Autorité des Marchés Financiers de l'Union Monétaire Ouest Africaine (AMF UMOA), la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), la Commission du Marché des Capitaux de l’Angola (CMC), l’Autorité des Marchés des Capitaux de l’Ouganda (CMA) et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), a témoigné de l’engagement collectif des régulateurs et des bourses africaines.
Lancé en 2016 lors de la COP22 à Marrakech, le Marrakech Pledge se positionne comme un cadre d’action continental pour promouvoir la finance verte et le développement durable. Cette initiative s’articule autour de l’objectif ambitieux de renforcer la résilience économique des marchés africains tout en favorisant des pratiques alignées sur les priorités environnementales et sociales mondiales.
Depuis sa création, le Marrakech Pledge a gagné en influence, réunissant un nombre croissant de signataires et élargissant son périmètre d’action. Lors de la réunion d’octobre 2022, organisée en marge de l’assemblée annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (IOSCO), six nouveaux acteurs ont rejoint l’initiative, témoignant d’un intérêt accru pour l’intégration des enjeux ESG dans les stratégies de régulation et de gestion des marchés financiers.
Au cours de la réunion de Casablanca, un état des lieux détaillé des politiques de reporting ESG en Afrique a été présenté, révélant à la fois les avancées et les écarts entre les différentes régions. Les participants ont échangé sur les initiatives spécifiques mises en œuvre pour stimuler la finance verte, telles que la création de produits financiers durables, les cadres de reporting harmonisés et les mécanismes de financement innovants.
Le renforcement des capacités et l’apprentissage collaboratif, notamment par le biais du Peer-to-Peer Learning, ont été identifiés comme des leviers cruciaux pour accélérer l’adoption des normes ESG. À cet égard, le site internet du Marrakech Pledge, conçu comme une plateforme de partage des meilleures pratiques, a été mis en avant pour faciliter la coopération et la diffusion des connaissances.
Vers une finance africaine plus verte
Cette rencontre a marqué une étape importante dans le parcours de transformation des marchés de capitaux africains. Les membres du Marrakech Pledge ont unanimement réaffirmé leur engagement à promouvoir des politiques et des pratiques qui soutiennent la transition écologique tout en répondant aux impératifs de développement économique.
L’accent a également été mis sur le rôle catalyseur des régulateurs et des bourses pour attirer des investissements verts, encourager l’innovation et renforcer la crédibilité des marchés africains auprès des investisseurs internationaux.
À travers cette mobilisation, le Marrakech Pledge illustre l’émergence d’une vision africaine unifiée et ambitieuse pour une finance durable, intégrant pleinement les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les priorités stratégiques des marchés de capitaux.
Cette dynamique, portée par des actions concertées et des partenariats renforcés, est appelée à jouer un rôle déterminant dans la transformation du paysage financier africain, en faisant de la durabilité une pierre angulaire de sa compétitivité à l’échelle mondiale.