tv whatsapp linkedin facebook twitter instagram

L’économie burkinabè reprend des couleurs

No Image Caption
20/02/2026 à 09:21 , Mis à jour le 23/02/2026

L’économie du Burkina Faso affiche une dynamique positive en 2025, portée par le secteur aurifère, selon le Fonds monétaire international (FMI).

La croissance atteint 5 %, après 4,8 % en 2024, et devrait se maintenir entre 4,5 % et 5 % par an jusqu’en 2028. Dans le même temps, l’inflation moyenne recule nettement, passant de 4,2 % en 2024 à -0,5 % en 2025, avec une convergence attendue autour de 2 % à moyen terme.

Cette performance est en grande partie liée à l’essor du secteur minier. La hausse des cours de l’or a stimulé la production et les exportations. Le prix moyen de l’once est estimé à 3 218 dollars en 2025, contre 2 387 dollars en 2024, et pourrait atteindre 3 472 dollars en 2026. Exprimées en francs CFA, les exportations ont progressé de 43,2 % en 2025. Le solde courant s’est redressé, passant d’un déficit équivalant à 3,4 % du PIB en 2024 à un excédent de 1,1 % en 2025, puis de 0,8 % prévu en 2026.

Sur le plan budgétaire, le déficit public a été ramené à 3,5 % du PIB en 2025, contre 5,8 % un an plus tôt. La dette publique, évaluée à 57,2 % du PIB en 2024, reculerait à 52,1 % en 2025 et à 49,9 % à l’horizon 2029. Le FMI attribue cette amélioration à l’augmentation des recettes, notamment minières, et à une meilleure maîtrise des dépenses publiques.

Malgré ces indicateurs macroéconomiques favorables, le niveau de vie reste modeste. Le PIB nominal par habitant est estimé à 982 dollars en 2024, 1 127 dollars en 2025 et 1 250 dollars en 2026, avec une projection à 1 427 dollars en 2029. En 2022, 43,7 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté. Le taux d’alphabétisation s’établit à 41 % et l’espérance de vie à 62 ans.

Le financement de l’économie montre également des signes de fragilité. Le crédit au secteur privé s’est contracté de 2,8 % en 2025, après une baisse de 2,2 % en 2024. Le ratio crédit privé/PIB est passé de 31,9 % en 2023 à 23,5 % en 2025, et pourrait tomber à 21,6 % en 2029. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de consolidation budgétaire et de prudence accrue du système bancaire.

En février 2026, le conseil d’administration du FMI a par ailleurs approuvé un nouveau programme au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF), d’un montant d’environ 124,3 millions de dollars, en complément de la Facilité élargie de crédit. Ce dispositif vise à renforcer la résilience budgétaire face aux chocs climatiques, à intégrer les enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques et à limiter les importations alimentaires d’urgence. L’agriculture de subsistance concerne près de 80 % de la population, particulièrement exposée aux aléas climatiques.

Les perspectives dressées par le FMI décrivent ainsi une économie en croissance, caractérisée par une inflation maîtrisée, un déficit réduit et une dette en baisse. Toutefois, la faiblesse du revenu par habitant et le recul du crédit au secteur privé demeurent des défis majeurs. Les projections pour 2026-2029 reposent en grande partie sur le maintien de cours élevés de l’or et sur une amélioration du contexte sécuritaire.