Le président du comité du portefeuille parlementaire sud-africain, Jan de Villiers, a indiqué que les premiers résultats d’un processus de vérification mené au sein de la fonction publique révèlent l’existence potentielle d’une fraude salariale de grande ampleur.

Cette situation intervient alors que la rémunération des agents publics représente déjà près d’un tiers des dépenses publiques consolidées du pays.

«Les agents dont l’existence ne peut être confirmée doivent être traités rapidement et conformément aux procédures légales », a-t-il déclaré. Le responsable parlementaire a précisé que le comité attend un rapport détaillé identifiant les départements et provinces concernés, ainsi qu’une estimation de l’impact financier pour l’État.

Insistant sur l’urgence du dossier, Jan de Villiers a affirmé que « l’intégrité de la fonction publique constitue le fondement de la gouvernance constitutionnelle », ajoutant que la vérification des faits et les mesures correctives ne peuvent souffrir de retard.

Le comité a également appelé le Trésor national et le Département de la fonction publique et de l’administration à accélérer les contrôles en cours. Ces vérifications incluent notamment l’utilisation de la reconnaissance faciale croisée avec le registre national de la population, ainsi que des inspections physiques sur le terrain. La prochaine phase prévoit l’introduction de systèmes de paie modernisés et d’une plateforme d’authentification unique pour les agents publics afin de limiter les irrégularités.

Depuis plus d’une décennie, l'Afrique du Sud est confrontée à des problèmes persistants de corruption. La présence de « fonctionnaires fantômes » — des personnes inscrites sur les listes de paie sans occuper réellement de poste — a coûté des milliards de rands à l’État, notamment dans certains départements provinciaux et municipalités où les mécanismes de contrôle restent fragiles.

Le comité parlementaire considère l’audit en cours comme une étape déterminante pour restaurer une fonction publique plus professionnelle et éthique, après des années marquées par des dérives institutionnelles et une gestion financière défaillante. Les parlementaires ont également salué les nouvelles allocations budgétaires destinées à moderniser le système de paie gouvernemental et à renforcer la plateforme nationale de passation de marchés en ligne, estimant que ces réformes sont essentielles pour améliorer la transparence et réduire les risques de fraude.