La croissance économique du Rwanda devrait dépasser 7 % en 2027, contre 6,7 % attendus pour la période 2025-2026, selon les prévisions publiées par Fitch Ratings.
Cette progression devrait être principalement soutenue par les secteurs de la construction, de l’agriculture et du tourisme.
L’agence de notation précise toutefois que ces perspectives restent exposées à certains risques, notamment d’éventuels retards dans les décaissements des financements extérieurs ou encore des perturbations liées aux aléas climatiques et sanitaires.
Inflation en hausse mais sous contrôle
Dans le même temps, l’inflation devrait connaître une légère hausse pour atteindre 7,6 % en 2026, contre 7 % en 2025, en raison de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Malgré cette progression, elle devrait rester dans la fourchette cible fixée par la banque centrale rwandaise, comprise entre 2 % et 8 %.
Ces prévisions interviennent dans un contexte de croissance économique soutenue pour le pays d’Afrique de l’Est. Selon les données du National Institute of Statistics of Rwanda (NISR), l’économie rwandaise a enregistré une expansion de 11,8 % au troisième trimestre 2025, contre 8,9 % en 2024.
Dans la foulée, les autorités ont procédé au rebasage du produit intérieur brut, en adoptant 2024 comme nouvelle année de référence, une opération visant à mieux refléter la structure réelle de l’économie nationale.
Une dette publique en hausse
Malgré ces performances, le Rwanda reste confronté à un niveau de dette publique relativement élevé. Celle-ci devrait atteindre 79 % du PIB en 2027, contre 75 % en 2025, avant de se stabiliser par la suite.
Selon Fitch, cette progression s’explique notamment par des déficits budgétaires persistants, ainsi que par des investissements importants dans certains projets stratégiques, notamment la construction de l’Aéroport international de Bugesera et le développement de la compagnie nationale RwandAir. La dépréciation progressive du taux de change devrait également contribuer à l’augmentation de l’endettement.
L’agence souligne toutefois que ce niveau de dette reste en partie compensé par les conditions favorables des emprunts extérieurs, ce qui devrait permettre au pays de maintenir une capacité de remboursement jugée satisfaisante.
Par ailleurs, l’économie rwandaise doit encore faire face à plusieurs défis structurels, notamment un PIB par habitant relativement faible, ainsi que des déficits budgétaires et courants persistants, qui contribuent à maintenir un niveau d’endettement élevé.
Fitch améliore les perspectives du Rwanda
Dans ce contexte, Fitch Ratings a confirmé la note souveraine du Rwanda à "B ”, tout en révisant la perspective de "négative” à "stable”. Cette notation évalue le risque de défaut d’un État sur sa dette extérieure à long terme.
Cette décision reflète une réduction des incertitudes concernant l’accès du pays aux financements extérieurs, dans un contexte marqué par une amélioration relative du climat diplomatique dans la région des Grands Lacs et par le maintien du soutien des partenaires internationaux.
Selon Fitch, les décaissements extérieurs ont atteint environ 1 milliard de dollars, soit 6,1 % du PIB, pour l’exercice budgétaire clos en juin 2025. Ces flux financiers ont contribué à réduire les risques de financement à court terme.
Enfin, les perspectives de croissance du Rwanda demeurent supérieures à la moyenne des pays classés dans la catégorie "B”, estimée à environ 4,5 %, ce qui confirme la dynamique économique du pays dans la région.