La reprise économique de l’Afrique subsaharienne montre des signes de ralentissement. La Banque mondiale prévient que les risques géopolitiques, le service élevé de la dette et les contraintes structurelles freinent la croissance et la création d’emplois, malgré une prévision stable de 4,1 % pour 2026.

Après une décennie marquée par des chocs mondiaux, la reprise de l’Afrique subsaharienne semble marquer le pas. Selon le dernier rapport du Groupe de la Banque mondiale, la croissance est maintenue à 4,1 % en 2026, mais les risques de dégradation s’intensifient. Le conflit au Moyen-Orient, la hausse des prix des carburants, des denrées alimentaires et des engrais, ainsi que le durcissement des conditions financières, mettent sous pression les ménages, en particulier les plus vulnérables.

Le niveau élevé de la dette publique reste un obstacle majeur : le ratio du service de la dette extérieure a doublé depuis 2017, limitant la capacité des pays à financer les infrastructures et la création d’emplois. Les investissements publics en capital restent environ 20 % inférieurs aux niveaux de 2014. L’inflation, quant à elle, devrait atteindre 4,8 % en 2026, accentuant les difficultés économiques.

Face à ces défis, la Banque mondiale appelle les gouvernements à protéger les populations vulnérables tout en maintenant la stabilité macroéconomique. À long terme, le continent devra évoluer vers une croissance plus productive, diversifiée et portée par le secteur privé. Cela passe par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions, et par une intégration régionale accrue grâce à la ZLECAf.

Le rapport consacre également une attention particulière à la politique industrielle comme levier de transformation économique et de création d’emplois. Pour être efficace, celle-ci doit se concentrer sur des secteurs stratégiques à forte valeur ajoutée, s’appuyer sur des capacités de mise en œuvre solides, et intégrer des critères de performance clairs et des stratégies de sortie crédibles. Sans ces conditions, les politiques industrielles risquent de créer des enclaves isolées plutôt qu’une transformation économique durable.