La croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,3 % en 2026, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international. Un chiffre en légère baisse par rapport aux projections établies avant les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, signe d’un environnement économique mondial plus incertain.

Dans son rapport publié à l’occasion des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, l’institution souligne que la région aborde 2026 sur une base plus stable, après une année 2025 marquée par des ajustements économiques significatifs.

Mais cette reprise reste fragile et inégale. Le FMI met en évidence une divergence croissante entre les économies : les pays importateurs de pétrole, souvent pauvres en ressources naturelles, font face à une détérioration de leur balance commerciale et à une hausse du coût de la vie. À l’inverse, les pays exportateurs bénéficient de la hausse des prix, tout en restant exposés à la volatilité des marchés.

Inflation et pressions sociales en hausse

L’inflation médiane devrait repartir à la hausse pour atteindre 5 % d’ici fin 2026, contre 3,4 % en 2025. Cette dynamique risque d’aggraver des fragilités déjà existantes, notamment en matière de pauvreté et de sécurité alimentaire.

Selon les estimations du FMI, une hausse de 20 % des prix mondiaux des denrées alimentaires pourrait plonger plus de 20 millions de personnes supplémentaires dans une situation d’insécurité alimentaire modérée ou sévère.

Des risques externes majeurs

Le principal facteur d’incertitude demeure l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Sa prolongation pourrait entraîner une nouvelle flambée des prix du pétrole, des engrais et des produits alimentaires, tout en accentuant l’aversion au risque sur les marchés financiers.

Dans un tel scénario, la croissance régionale pourrait reculer de 0,6 %, tandis que l’inflation augmenterait de 2,4 points supplémentaires. Les pays importateurs de pétrole seraient les plus durement touchés, en raison de leur dépendance accrue aux marchés internationaux.

Entre urgences sociales et réformes structurelles

Face à ces défis, le FMI appelle les États à agir sur deux fronts. À court terme, il s’agit de contenir les anticipations inflationnistes et de protéger les populations les plus vulnérables grâce à des aides ciblées.

À moyen terme, l’institution insiste sur la nécessité de renforcer la résilience économique. L’intégration régionale apparaît comme un levier clé pour stimuler la croissance et sécuriser les chaînes d’approvisionnement dans un contexte géopolitique instable.

Le FMI met également en avant le potentiel de l’intelligence artificielle pour améliorer la productivité. Son déploiement dépendra d’investissements structurants, notamment dans l’accès à l’électricité, les infrastructures numériques, les compétences, ainsi que dans la cybersécurité et la gouvernance des données.