Le Liberia renforce son arsenal contre la cybercriminalité avec la mise en place d’un laboratoire national de cybersécurité et d’investigation numérique destiné à améliorer les capacités du pays face aux menaces numériques croissantes.
Une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a effectué mardi une visite d’inspection de cette nouvelle infrastructure afin d’évaluer son niveau de conformité et ses performances, dans le cadre du suivi des initiatives régionales de cybersécurité menées dans les États membres.
Selon le ministère libérien des Postes et Télécommunications, le laboratoire dispose d’équipements de pointe comprenant des outils avancés de criminalistique numérique, des systèmes de surveillance des cybermenaces en temps réel, des capacités renforcées de réponse aux incidents ainsi que des dispositifs spécialisés de formation.
Les autorités estiment que cette infrastructure permettra au pays de mieux enquêter sur les cybercrimes, d’analyser les menaces numériques et de récupérer des preuves électroniques dans diverses affaires criminelles.
Le projet prévoit notamment deux principales composantes : une cellule de réponse aux incidents informatiques (CERT), chargée de détecter et gérer les cyberattaques, et une unité de criminalistique numérique destinée à appuyer les enquêtes judiciaires liées à la fraude, au trafic de drogue ou encore à d’autres crimes numériques.
Soutenu par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest depuis 2019, le projet avait connu plusieurs retards avant d’être relancé en 2024 sous l’impulsion du président Joseph Boakai.
Cette initiative intervient dans un contexte de montée de la cybercriminalité en Afrique. Dans son rapport « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que les cyberinfractions représentent désormais plus de 30 % des délits signalés en Afrique de l’Ouest et de l’Est.
L’Union internationale des télécommunications appelle ainsi les États africains à renforcer leurs systèmes de cybersécurité afin de mieux protéger leurs économies numériques et leurs infrastructures stratégiques.