La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa transformation économique.
Selon l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025 publié par la Banque africaine de développement, le pays figure désormais parmi les dix économies les plus industrialisées du continent, occupant la 9ᵉ place avec un score de 0,6173.
Cette performance confirme une trajectoire ascendante engagée depuis plusieurs années. En l’espace de quinze ans, la Côte d’Ivoire est passée du 14ᵉ rang en 2010 à une place dans le Top 10 africain, illustrant les progrès réalisés dans la modernisation de son appareil productif et le renforcement de son tissu industriel.
Pour la BAD, cette avancée est le résultat d’une transformation structurelle soutenue par une croissance économique solide. Dans le cadre du Plan national de développement 2021-2025, le pays a enregistré une croissance moyenne de 6,5 % par an. En 2024, l’économie ivoirienne a progressé de 6 %, un niveau supérieur à la moyenne observée en Afrique subsaharienne.
L’un des principaux moteurs de cette réussite réside dans la montée en puissance du secteur manufacturier, un critère majeur de l’indice de la BAD. La stratégie de transformation locale des matières premières, notamment le cacao et l’anacarde, a permis à la Côte d’Ivoire de créer davantage de valeur ajoutée sur son territoire et de renforcer sa compétitivité industrielle.
Leader économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, le pays génère près de 40 % du PIB de l’Union et assure plus de 42 % de ses exportations. Son secteur secondaire représente désormais près d’un quart du PIB national, porté par l’agro-industrie, l’énergie, les industries extractives ainsi que le BTP.
Cette dynamique conforte l’ambition des autorités de faire de l’industrialisation un pilier central de la création de richesse et d’emplois. Elle positionne également la Côte d’Ivoire comme l’une des économies les plus attractives et les plus diversifiées de la sous-région.
Des défis persistent toutefois. La BAD souligne la progression de la dette publique, qui avoisine désormais 60 % du PIB, ainsi que les fortes disparités territoriales, l’essentiel de l’activité économique restant concentré à Abidjan. L’importance du secteur informel, qui représente encore plus de la moitié de l’économie nationale et la majorité des emplois, demeure également un enjeu majeur.
À l’échelle africaine, le Maroc prend la tête du classement devant l’Afrique du Sud. En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire renforce son leadership en se positionnant devant le Nigeria et le Ghana. Avec le Sénégal, classé 10ᵉ, elle forme désormais le duo de tête industriel de la sous-région.