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Afrique : La BAD prévoit un coup de frein en 2026

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01/06/2026 à 10:10 , Mis à jour le 01/06/2026

La croissance économique du continent africain devrait connaître un léger ralentissement en 2026 avant de retrouver un rythme plus soutenu l’année suivante. C’est ce qui ressort du rapport 2026 sur les Perspectives économiques en Afrique publié par la Banque africaine de développement à l’occasion de ses Assemblées annuelles organisées à Brazzaville.

Selon les prévisions de l’institution panafricaine, la croissance du PIB africain devrait s’établir à 4,2 % en 2026, contre un niveau légèrement supérieur attendu en 2025, avant de remonter à 4,4 % en 2027. La BAD précise toutefois que ces estimations reposent sur l’hypothèse d’un choc économique mondial limité dans le temps, avec un retour progressif à la stabilité après quelques mois de tensions.

L’institution avertit que si les perturbations actuelles de l’économie mondiale se prolongent entre trois et six mois, la croissance pourrait être davantage affectée, tombant à 4 % en 2026. Une telle évolution pèserait sur l’activité économique, les échanges commerciaux et les perspectives d’investissement à travers le continent.

Sur le plan des finances publiques, la BAD prévoit un déficit budgétaire moyen de 4,8 % du PIB en 2026, puis de 4,6 % en 2027. Cette trajectoire pourrait néanmoins être influencée par l’évolution des prix internationaux de l’énergie. Les pays africains exportateurs nets de pétrole pourraient notamment bénéficier d’une amélioration de leurs recettes budgétaires grâce à la hausse des cours du brut.

L’inflation, qui reste l’un des principaux défis économiques du continent, devrait poursuivre son recul. Après avoir atteint 13,7 % en 2025, elle devrait redescendre à 10,4 % en 2026 puis à 8,9 % en 2027. La BAD attribue cette amélioration à une meilleure production agricole ainsi qu’aux effets des politiques monétaires restrictives mises en œuvre dans plusieurs pays africains.

Malgré ces progrès, les niveaux de prix devraient demeurer élevés dans certaines économies. Toutefois, 26 pays africains devraient enregistrer une inflation inférieure à 5 % dès 2026, signe d’une stabilisation progressive du cadre macroéconomique.

Concernant le niveau de vie des populations, la croissance du PIB réel par habitant devrait légèrement ralentir à 1,9 % en 2026 avant de remonter à 2,2 % en 2027. La BAD estime cependant que ce rythme reste insuffisant pour générer une croissance véritablement inclusive, le seuil nécessaire étant évalué à au moins 3,5 % par an.

Dans l’ensemble, le rapport met en évidence la résilience des économies africaines face aux incertitudes mondiales, tout en soulignant la nécessité d’accélérer les réformes structurelles afin de soutenir la croissance, maîtriser l’inflation et améliorer durablement les conditions de vie des populations.