Hako Hankson revient à Casablanca avec une exposition qui interroge la mémoire, les héritages et l’universalité de la peinture.

Du 9 juin au 13 juillet 2026, la galerie d’art L’Atelier 21 accueille la deuxième exposition personnelle de Hako Hankson. Intitulée «Présences immémoriales », cette nouvelle série a été conçue durant sa résidence artistique à Casablanca.

À travers ces œuvres inédites, l’artiste camerounais questionne la place de la peinture dans un monde marqué par les crises et les tensions géopolitiques. Sans chercher à documenter directement l’actualité, il propose une réflexion sensible où l’expérience personnelle rejoint des préoccupations universelles.

Le portrait, genre de prédilection de Hako Hankson, demeure au cœur de son travail. Mais il se déploie désormais dans une dimension plus narrative, épique et mythique, ouvrant un dialogue fécond entre les cultures, les mémoires et les imaginaires.

Dans le catalogue de l’exposition, l’écrivain Olivier Rachet souligne cette évolution : selon lui, la nouvelle série s’inscrit dans un ancrage culturel affirmé tout en révélant une portée universelle où le portrait se nourrit de récits et de symboles qui dépassent les frontières.

Loin d’une lecture strictement ethnographique, l’œuvre de Hako Hankson s’inscrit également dans une conversation avec l’histoire de l’art. Ses figures, traversées par la puissance des masques et des formes sacrées, évoquent aussi bien les influences du cubisme que l’énergie spontanée de l’art urbain et du graffiti.

Né en 1968 à Bafang sous le nom de Gaston Hako, l’artiste a grandi au contact des traditions de l’Ouest camerounais. Fils d’un sculpteur, il puise très tôt son inspiration dans les objets rituels, les masques et les statuettes qui accompagnent les cérémonies initiatiques de sa région. Autodidacte, il s’impose sur la scène artistique dès les années 1990 et expose depuis dans de nombreux pays.

Ses œuvres figurent aujourd’hui dans plusieurs collections de référence, notamment celles de Banque mondiale, de la Fondation Donwahi, de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, de la Fondation H ainsi que de la Collection Gervanne & Matthias Leridon.

Installé à Douala, Hako Hankson poursuit une œuvre singulière qui fait dialoguer traditions africaines, histoire de l’art et préoccupations contemporaines.