Le Mozambique accélère sa transition numérique avec un objectif ambitieux : assurer une couverture nationale de la 5G d’ici 2030. Les autorités souhaitent faire de cette technologie de nouvelle génération un moteur du développement économique, de l’inclusion numérique et de la modernisation des services à travers tout le pays.
Cette vision a été présentée par le président mozambicain Daniel Francisco Chapo lors de l’ouverture de la 5e Conférence nationale des communications, le 22 juin 2026. Le chef de l’État a annoncé l’attribution des fréquences radioélectriques aux principaux opérateurs mobiles, une étape décisive pour le lancement du déploiement à grande échelle de la 5G.
Selon le calendrier présenté, les capitales provinciales, les zones économiques spéciales et les principaux pôles touristiques devraient être couverts dès 2027. L’expansion se poursuivra ensuite vers les régions à forte densité démographique avant d’atteindre l’ensemble des districts et postes administratifs à l’horizon 2030.
Pour les autorités, cette stratégie s’inscrit dans une logique d’inclusion numérique visant à réduire les disparités territoriales. L’ambition est de garantir aux citoyens, quel que soit leur lieu de résidence, un accès équitable à l’éducation, à l’information, aux services numériques et aux opportunités économiques.
Toutefois, plusieurs défis majeurs pourraient freiner cette ambition. Le coût du déploiement de la 5G demeure particulièrement élevé. Selon des estimations d’Ericsson, la mise en place d’un réseau national peut nécessiter des investissements de plusieurs milliards de dollars, auxquels s’ajoutent des dépenses supplémentaires pour étendre efficacement la couverture.
L’accessibilité des équipements constitue également un obstacle important. D’après les données de la Banque mondiale, près de 80 % des Mozambicains ne disposaient pas de smartphone en 2024, limitant de fait l’accès aux services compatibles avec la 5G.
Le coût de la connectivité représente un autre défi. Les données de l’Union internationale des télécommunications montrent que les dépenses liées à l’Internet mobile restent élevées par rapport au revenu moyen de la population, tandis que l’Internet fixe demeure largement hors de portée pour de nombreux ménages.
Au-delà des infrastructures, le succès de la stratégie 5G dépendra également du développement des compétences numériques, de l’amélioration du niveau d’alphabétisation, de la disponibilité de contenus adaptés aux besoins locaux ainsi que de la fiabilité des réseaux électriques nécessaires au fonctionnement des infrastructures télécoms.
Entre ambition technologique et défis structurels, le Mozambique s’engage ainsi dans une course contre la montre pour faire de la 5G un véritable outil de transformation économique et sociale d’ici la fin de la décennie.