Le Burkina Faso a annoncé, vendredi, la rupture avec effet immédiat de ses relations diplomatiques avec la France, invoquant une dégradation profonde des rapports bilatéraux entre les deux États.
Dans un communiqué lu par le porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, les autorités burkinabè estiment que les conditions d'une coopération fondée sur « le respect mutuel, la confiance réciproque, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le respect de la souveraineté nationale » ne sont désormais plus réunies.
Ouagadougou accuse notamment Paris de mener un « activisme incessant » contre ses intérêts, de poursuivre des « ambitions néocoloniales », de soutenir « des réseaux subversifs et des terroristes » opérant au Burkina Faso et dans le Sahel, ainsi que de diffuser des discours jugés « perfides et partiaux » visant à ternir l'image du pays sur la scène internationale.
Les autorités présentent cette décision comme une mesure destinée à défendre la souveraineté nationale et les intérêts stratégiques du Burkina Faso. Elles précisent toutefois que cette rupture concerne exclusivement les relations diplomatiques entre les deux États et ne remet pas en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux entre les peuples burkinabè et français.
Le gouvernement burkinabè assure par ailleurs que les ressortissants français présents sur son territoire continueront de bénéficier de la protection des autorités et appelle la population au calme, à la retenue et au respect de leur sécurité.
En réaction, la France a déploré une décision qu'elle qualifie d'« hostile et sans fondement », estimant qu'elle traduit « une dérive préoccupante des autorités burkinabè ». Dans un message publié sur le réseau social X, le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères a indiqué que des mesures de réciprocité étaient à l'étude.
Cette rupture marque une nouvelle étape dans la détérioration progressive des relations entre Ouagadougou et Paris. Depuis 2023, plusieurs différends ont rythmé les rapports entre les deux pays, notamment le départ des forces spéciales françaises de l'opération Sabre, la dénonciation des conventions fiscales, l'arrêt de l'aide publique française au développement, la suspension de plusieurs médias français, ainsi que le départ de l'ambassadeur de France et le refus d'accréditer son successeur.
Malgré ces tensions diplomatiques, les relations économiques demeurent importantes. Selon les données de l'International Trade Center (ITC), les échanges commerciaux entre le Burkina Faso et la France ont atteint 342,6 millions de dollars en 2025.