Le Zimbabwe renforce son arsenal pour protéger les enfants face aux dangers du numérique.
Le gouvernement a officiellement lancé la semaine dernière sa Politique nationale de protection des enfants en ligne 2026-2030, une stratégie destinée à faire face à la montée des risques auxquels sont exposés les jeunes internautes.
Présentée à Bulawayo lors de la Conférence nationale sur la protection de l'enfance, organisée du 7 au 10 juillet, cette politique a été dévoilée en même temps que le quatrième Plan d'action national pour l'enfance (2026-2030). Les deux initiatives traduisent la volonté des autorités d'adapter la protection des mineurs à un environnement numérique en pleine expansion.
Selon le ministère des Technologies de l'information et de la communication (TIC), ce nouveau cadre vise à lutter contre les principales menaces en ligne, notamment le cyberharcèlement, l'exploitation sexuelle des mineurs sur Internet, le grooming, la sextorsion, les atteintes à la vie privée ainsi que l'exposition à des contenus inappropriés.
La stratégie prévoit une approche coordonnée associant les pouvoirs publics, les entreprises du numérique, les établissements universitaires, les organisations de la société civile et les communautés locales afin de renforcer la sécurité des enfants dans l'espace numérique.
Cette initiative intervient alors que l'accès à Internet continue de progresser chez les plus jeunes. D'après la GSMA, près de 18 % des enfants âgés de 5 à 7 ans en Afrique subsaharienne utilisent déjà l'Internet mobile, une proportion qui devrait continuer à augmenter avec l'extension des réseaux.
À l'échelle mondiale, l'Union internationale des télécommunications (UIT) estime qu'un enfant découvre Internet toutes les demi-secondes, une évolution qui multiplie également les risques liés à la cybersécurité.
L'UNICEF alerte notamment sur l'exposition croissante des enfants au cyberharcèlement, à la désinformation, aux contenus préjudiciables et aux abus en ligne. Dans une étude publiée en 2023 portant sur six pays d'Afrique subsaharienne, l'organisation indiquait qu'un enfant internaute sur dix avait subi une forme de violence sexuelle numérique au cours des douze mois précédents.
Le constat est confirmé par l'Indice de sécurité en ligne des enfants (COSI) 2023, repris dans le Global Cybersecurity Index 2024 de l'UIT, selon lequel près de sept enfants et adolescents sur dix âgés de 8 à 18 ans ont été confrontés à au moins un incident de cybersécurité au cours de l'année écoulée.