L’intégration du marché africain constitue un levier incontournable pour renforcer la compétitivité et accélérer la transformation économique du continent, a affirmé lundi à Rabat le secrétaire général du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, lors de la 4ᵉ édition de l’Africa Economic Symposium (AES).
Organisé par le Policy Center for the New South (PCNS) sous le thème «Transformer les transitions en croissance », ce rendez-vous a mis en lumière le rôle central de la ZLECAf dans la construction d’un marché africain intégré.
Selon M. Mene, l’Afrique dispose désormais des outils nécessaires pour stimuler son développement économique, à condition de poursuivre la réduction des barrières au commerce et à l’investissement, indispensables à une croissance durable.
Le responsable a toutefois souligné que le continent reste confronté à une forte fragmentation économique, illustrée notamment par la multiplicité des chaînes de valeur, des politiques industrielles et des systèmes de paiement. Il a rappelé que l’existence de 42 monnaies africaines engendre un coût annuel estimé à près de cinq milliards de dollars en frais de convertibilité des devises.
Au-delà des réformes macroéconomiques, Wamkele Mene a plaidé pour un renforcement des capacités productives, une accélération de l’industrialisation, une amélioration de la productivité et une diversification des marchés d’exportation afin de favoriser une transformation structurelle durable.
Évoquant les progrès de la ZLECAf, il a mis en avant le Système panafricain de paiement et de règlement en monnaies locales, le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, doté de plus d’un milliard de dollars par Afreximbank, ainsi que l’Initiative africaine pour l’industrialisation verte, qui ambitionne de mobiliser 100 milliards de dollars d’investissements.
Le secrétaire général a également indiqué que les échanges commerciaux intra-africains devraient atteindre près de 220 milliards de dollars en 2024, soit une hausse de 12,4 % par rapport à l’année précédente, illustrant la dynamique croissante du commerce continental.
Organisé sur deux jours, l’Africa Economic Symposium se penche sur les moyens de transformer les ressources naturelles de l’Afrique en moteurs de développement, tout en accompagnant les transitions climatique et énergétique vers une croissance plus résiliente.