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Monnaie unique ouest - africaine : la Cédéao maintient le cap pour 2027

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Lilia Habboul
23/07/2026 à 09:05 , Mis à jour le 23/07/2026

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) maintient le cap sur le lancement de la monnaie unique ECO en 2027.

Réunis le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État et de gouvernement ont convenu que seuls les pays remplissant les critères de convergence économique intégreront la première phase du projet.

Présentée comme un moteur de l'intégration régionale, l'ECO devra favoriser une croissance plus durable, résiliente et inclusive. Les États qui ne satisfont pas encore aux exigences macroéconomiques bénéficieront d'un accompagnement afin de rejoindre progressivement l'union monétaire.

Cette décision marque un changement d'approche après le sommet d'Abuja de décembre 2025, où les dirigeants avaient exprimé leurs inquiétudes face aux retards accumulés dans la feuille de route du projet et aux difficultés rencontrées par plusieurs États pour respecter les critères de convergence. Ils avaient alors appelé à accélérer les réformes économiques et à relancer les travaux de la Task Force présidentielle chargée du dossier.

À Lungi, les chefs d'État se sont félicités des consultations engagées entre la Commission de la Cédéao et les gouverneurs des banques centrales afin de parvenir à un consensus sur les questions techniques encore en suspens. Ils ont également salué l'enregistrement de la marque « ECO » auprès de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), considérée comme une avancée majeure dans la concrétisation de la future monnaie.

La Conférence a en outre approuvé la demande de la Guinée d'intégrer la Task Force présidentielle sur la monnaie unique. La Commission de la Cédéao a été chargée de réunir cette instance avant le sommet de décembre 2026, en collaboration avec le président de la Côte d'Ivoire, dernier membre encore en fonction du groupe.

Les dirigeants ont enfin demandé à la Commission et à l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO) d'intensifier leurs échanges avec les banques centrales afin de lever les derniers obstacles techniques et de poursuivre les démarches d'enregistrement international de la marque « ECO ».

Un projet confronté à de nombreux défis

L'ambition de l'ECO est de remplacer les différentes monnaies nationales par une devise commune à l'ensemble des États membres de la Cédéao. Toutefois, la région demeure divisée entre plusieurs régimes monétaires.

Huit pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) utilisent le franc CFA, tandis que d'autres États disposent de leurs propres monnaies, notamment le naira nigérian, le cedi ghanéen, le franc guinéen, le dollar libérien, le dalasi gambien, le leone sierra-léonais ou encore l'escudo cap-verdien.

Le projet devra également tenir compte du nouveau contexte géopolitique régional. Bien que le Burkina Faso, le Mali et le Niger aient quitté la Cédéao, ces trois pays restent membres de l'UEMOA et continuent d'utiliser le franc CFA. Le communiqué final ne précise pas le rôle qu'ils pourraient jouer dans le futur système monétaire régional, laissant planer une incertitude sur l'articulation entre leur appartenance à l'espace UEMOA et le déploiement progressif de l'ECO.