La Zambie accélère sa transformation numérique. Le pays a annoncé, lundi 7 septembre, le lancement de son infrastructure nationale à clés publiques (NPKI), un dispositif destiné à renforcer la sécurité et la fiabilité des échanges numériques.

L’objectif est notamment de garantir l’intégrité des documents électroniques, de renforcer l’authentification des utilisateurs et de limiter les risques d’usurpation d’identité et de falsification.

Des certificats numériques pour sécuriser les échangesLa NPKI repose sur l’utilisation de certificats numériques permettant de vérifier l’identité d’une personne, d’une organisation ou encore d’un service en ligne.Cette infrastructure doit notamment favoriser le déploiement des signatures électroniques et renforcer la sécurité des échanges de documents et des transactions numériques, aussi bien dans l’administration que dans le secteur privé.

Les autorités zambiennes envisagent son utilisation par plusieurs catégories d’acteurs, notamment les services publics, les établissements financiers, les opérateurs télécoms et les entreprises.

L’enjeu est de créer un environnement numérique dans lequel les utilisateurs peuvent vérifier avec davantage de certitude l’identité de leurs interlocuteurs et l’authenticité des documents échangés.

La confiance, nouvel enjeu de la transformation numérique

Le lancement de la NPKI intervient alors que les pays africains développent progressivement leurs infrastructures numériques.

Selon le rapport 2025 de l’AfricaNenda Foundation consacré aux systèmes de paiement instantané, 36 systèmes étaient opérationnels sur le continent en juin 2025. Ces dispositifs sont de plus en plus considérés comme l’une des composantes des infrastructures publiques numériques, notamment en matière de paiements.

Avec la multiplication des services accessibles à distance, des transactions électroniques et des échanges de documents en ligne, la question de la confiance numérique devient centrale.

Il ne suffit plus de permettre aux citoyens et aux entreprises d’effectuer des opérations à distance. Il faut également garantir que les parties prenantes sont bien celles qu’elles prétendent être et que les informations transmises n’ont pas été altérées.

Un outil reconnu dans les infrastructures publiques numériques

La Banque mondiale considère les infrastructures à clés publiques et les signatures électroniques comme des éléments importants des infrastructures publiques numériques.

Dans une note publiée en 2024, l’institution souligne notamment leur rôle dans l’authentification des interactions numériques et la protection de l’intégrité des documents. Leur efficacité repose toutefois sur l’existence d’un cadre juridique permettant de reconnaître la validité des signatures et des transactions électroniques.

Pour la Zambie, la mise en place de la NPKI constitue donc une étape supplémentaire dans la construction d’un écosystème numérique plus fiable et sécurisé.

Le défi de l’adoption

Le lancement de cette infrastructure ne garantit cependant pas, à lui seul, son adoption à grande échelle.

Les responsables zambiens ont déjà identifié plusieurs obstacles, notamment le financement, le manque de compétences techniques disponibles et la dépendance à l’égard de fournisseurs étrangers.

La réussite du dispositif dépendra donc de la capacité du pays à assurer son financement dans la durée, à développer les compétences locales et à favoriser son intégration par les administrations, les entreprises et les institutions financières.

Avec la NPKI, la Zambie pose néanmoins une nouvelle pierre à l’édifice de sa transformation numérique, en faisant de la confiance, de l’authentification et de la sécurité des échanges des priorités de son infrastructure numérique nationale.