15/09/2026 à 09:47
, Mis à jour le
15/09/2026
L’économie congolaise devrait accélérer fortement en 2027. Selon les Perspectives de l’économie congolaise 2026, publiées le 10 septembre, la croissance pourrait atteindre 6,9 %, contre 5,5 % attendus cette année. Une prévision particulièrement optimiste, très éloignée de celle du FMI, qui table de son côté sur une progression de seulement 3,2 %.
Le gouvernement congolais anticipe une nette accélération de l’activité économique en 2027.
La croissance devrait atteindre 6,9 %, après une progression estimée à 5,5 % en 2026. Cette performance reposerait sur le « dynamisme conjugué des secteurs pétrolier et hors pétrole », selon les Perspectives de l’économie congolaise 2026.
La projection de Brazzaville se démarque toutefois fortement de celle du Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit une croissance de 3,2 % pour l’économie congolaise.
Le pétrole en première ligne
Le secteur pétrolier devrait jouer un rôle central dans cette accélération. Sa croissance est attendue à 8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026. Cette progression serait notamment portée par l’entrée en production de nouveaux champs et par la montée en puissance de Moho Nord et Banga Kayo.
La poursuite du projet Moho Infills ainsi que la relance de certains champs matures par Perenco devraient également soutenir la production. Les investissements de TotalEnergies et d’ENI devraient, eux aussi, contribuer au dynamisme du secteur.
Le hors-pétrole gagne du terrain
Le gouvernement mise également sur une progression soutenue du secteur hors pétrole, dont la croissance devrait atteindre 5,4 % en 2027, soit 0,7 point de plus qu’en 2026.
L’agriculture devrait progresser de 6,7 %, tandis que le secteur secondaire pourrait afficher une croissance de 8,1 %.
L’industrie alimentaire, la construction et la fabrication de produits minéraux non métalliques devraient notamment soutenir cette performance. Dans ce dernier segment, la croissance est attendue à 18,1 %.
Les services devraient également participer à l’accélération de l’activité, avec une progression projetée à 6,1 %, portée notamment par les banques et assurances, les télécommunications et les autres services marchands.
Réformes et investissements au cœur du pari
Pour les autorités, la réalisation de ces objectifs dépendra de plusieurs facteurs : la consolidation de la production d’hydrocarbures, la poursuite des réformes économiques et la mobilisation des investissements publics et privés.
Le gouvernement entend notamment renforcer les investissements dans le secteur hors pétrole afin de poursuivre les projets inscrits dans le Plan national de développement (PND) 2022-2026.
Cette stratégie s’inscrit dans le nouveau projet de société intitulé «
L’accélération de la marche vers le développement », qui met l’accent sur la diversification de l’économie, l’amélioration de la gouvernance, la transformation structurelle et la promotion d’une croissance plus inclusive et durable.
Des incertitudes qui persistent
L’optimisme des autorités intervient toutefois dans un contexte international encore marqué par les tensions géopolitiques, susceptibles d’influencer fortement les cours mondiaux du pétrole.
Sur le plan national, les discussions se poursuivent également entre le gouvernement et le FMI afin de définir un nouveau cadre de coopération.
L’inflation constitue par ailleurs un autre point de vigilance. Elle devrait atteindre 3,7 % en moyenne en 2027, contre 3,4 % en 2026, dépassant ainsi la norme communautaire.
Cette pression serait notamment alimentée par la hausse des prix alimentaires, l’augmentation des coûts du transport et de la logistique ainsi que le renchérissement des produits importés.
Entre hausse de la production pétrolière, dynamisme attendu du secteur hors pétrole et poursuite des réformes, Brazzaville affiche donc de fortes ambitions pour 2027. Mais l’écart considérable avec les prévisions du FMI souligne les incertitudes qui entourent encore le rythme réel de cette reprise.