15/09/2026 à 10:02
, Mis à jour le
15/09/2026
Bamako s’apprête à accueillir la première édition du Marché national de l’art contemporain, du 26 novembre au 5 décembre. Organisé en parallèle des Rencontres de Bamako, ce nouveau rendez-vous ambitionne de rapprocher artistes, galeristes, collectionneurs et professionnels de la culture, avec un objectif affiché : donner un véritable élan commercial à la création artistique malienne.
Le Mali veut donner une nouvelle dimension à son secteur des arts visuels. Le gouvernement a confirmé l’organisation de la première édition du Marché national de l’art contemporain, qui se tiendra du 26 novembre au 5 décembre au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ, à Bamako.
Placée sous le thème « L’Art : arme de résilience des peuples de l’AES», la manifestation réunira artistes, galeristes, collectionneurs, professionnels de la culture, partenaires et amateurs d’art autour d’expositions, de rencontres professionnelles et d’échanges.
Au-delà de la visibilité accordée aux artistes, le projet porte une ambition économique : structurer la chaîne qui va de la création à l’acquisition des œuvres. Les autorités souhaitent ainsi contribuer à la professionnalisation du secteur et au développement des industries culturelles et créatives au Mali.
Un appel lancé aux artistes maliens
Depuis le 7 septembre, la Direction nationale de l’action culturelle a ouvert un appel à œuvres destiné aux artistes visuels établis dans les différentes régions du pays.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 10 octobre à 17 heures GMT.
Peinture, dessin, gravure, sculpture, photographie contemporaine, vidéo, arts numériques, création multimédia et design artistique sont notamment concernés. Chaque artiste peut soumettre jusqu’à trois œuvres.
Les créations proposées doivent être originales, avoir été réalisées entre 2020 et 2026 et être disponibles pour une éventuelle exposition ou vente. Les candidats doivent également fournir les caractéristiques techniques de leurs œuvres ainsi que leur prix. Un comité procédera ensuite à la sélection.
Cette exigence du prix n’est pas anodine. Elle traduit clairement la vocation commerciale du nouveau rendez-vous, qui entend rapprocher la création malienne des acheteurs et des collectionneurs.
Dans le sillage des Rencontres de Bamako
Le Marché national se déroulera au même moment que la 15e édition des Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la photographie, prévue du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027.
Créées en 1994, les Rencontres de Bamako se sont imposées comme un rendez-vous majeur de la photographie et de la création visuelle africaines. Pour cette nouvelle édition, placée sous le thème «Refabulation(s) », expositions, projections, conférences, formations et rencontres professionnelles sont au programme.
La sélection officielle réunit 49 artistes de 26 pays, dont 25 femmes, selon le ministère malien de la Culture. La manifestation s’adresse aux artistes du continent, de la diaspora et aux créateurs afrodescendants.
Sa direction curatoriale est assurée par Armelle Dakouo. À cette ouverture internationale, le nouveau Marché national entend apporter un volet spécifiquement consacré aux artistes maliens et à la commercialisation de leurs œuvres.
Transformer la visibilité en opportunités
Le pari est donc double : profiter de l’affluence et des réseaux professionnels associés aux Rencontres de Bamako tout en créant un espace dédié à la vente et à l’acquisition d’œuvres produites au Mali.
Reste désormais à connaître le nombre d’artistes qui seront retenus, le budget consacré à l’événement, les mécanismes prévus pour les transactions et surtout les objectifs de vente fixés par les organisateurs.
Pendant dix jours, les deux manifestations se tiendront simultanément à Bamako. Une occasion pour les créateurs maliens de bénéficier d’une exposition accrue auprès des professionnels, des collectionneurs et du public international.
Avec ce premier Marché national, le Mali ne cherche donc plus seulement à montrer ses artistes : il veut aussi créer les conditions pour que leurs œuvres trouvent des acheteurs et que la création contemporaine devienne un véritable marché.