21/09/2026 à 11:05
, Mis à jour le
21/09/2026
La Côte d’Ivoire entend désormais accélérer la mise en œuvre concrète de son Pacte national de l’énergie (PNE), présenté comme un levier majeur pour atteindre les objectifs énergétiques fixés à l’horizon 2030. Cet engagement ressort d’un atelier consacré à l’appui à la mise en œuvre du Pacte, tenu les 9 et 10 septembre 2026 à Abidjan.
La rencontre a rassemblé les principaux acteurs du secteur énergétique ivoirien, parmi lesquels des représentants du gouvernement, des institutions de financement du développement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions spécialisées.
Pendant deux jours, les participants ont travaillé sur les moyens d’accélérer les réformes, de renforcer la préparation des projets, de mobiliser les financements nécessaires et de consolider les capacités institutionnelles indispensables à l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre de Mission 300.
«Nous sommes déterminés à assumer pleinement notre rôle dans la conduite des réformes sectorielles, la maturation des projets et la coordination avec les structures d’exécution », a déclaré Souleymane Soro, directeur de Cabinet adjoint du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. Il a assuré que les priorités retenues devraient être transformées en actions « cohérentes, suivies et évaluables ».
Quatre grandes ambitions à l’horizon 2030
Présenté en janvier 2025 à Dar es Salaam, en Tanzanie, le Pacte national pour l’énergie fixe quatre grandes ambitions pour 2030 : parvenir à un accès universel à l’électricité, porter à 50 % le taux d’accès à la cuisson propre, atteindre 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique et mobiliser 2 milliards de dollars supplémentaires d’investissements privés.
Depuis l’adoption du Pacte, plusieurs avancées ont été enregistrées. En 2025, 684 735 nouveaux branchements électriques ont permis à environ 3,56 millions de personnes supplémentaires d’accéder à l’électricité.
Dans le même temps, le taux d’accès à la cuisson propre a atteint environ 41 %, tandis que les énergies renouvelables représentaient 34 % du mix énergétique. Malgré ces progrès, plusieurs chantiers restent à accélérer.
Au début de 2026, sur les 23 actions prévues dans le Pacte, cinq étaient achevées, 12 en cours et six accusaient un retard. Parmi les principaux dossiers figurent notamment la réglementation des mini-réseaux et de l’autoproduction, l’ajustement des tarifs, la viabilité financière du secteur électrique, la bioénergie, la cuisson propre ainsi que l’intégration régionale.
Plus de 15 milliards de dollars d’investissements nécessaires
L’un des principaux défis demeure celui du financement. Le Pacte national de l’énergie prévoit des besoins d’investissement estimés à 15,02 milliards de dollars entre 2024 et 2030, dont environ 6,56 milliards de dollars restent encore à mobiliser.
Pour la Banque africaine de développement (BAD), la Côte d’Ivoire dispose néanmoins d’atouts importants. Wale Shonibare, directeur du Département des solutions financières, de la politique et de la réglementation énergétiques de la BAD, souligne notamment le niveau de développement du système électrique ivoirien, la place du secteur privé dans la production d’électricité et le rôle du pays dans les échanges régionaux.
L’enjeu consiste désormais à accélérer la concrétisation des ambitions à l’échelle nécessaire pour respecter les échéances de 2030. Une meilleure coordination entre le gouvernement ivoirien, la BAD, la Banque mondiale et les autres partenaires au développement doit notamment permettre de mobiliser davantage de ressources et de faire progresser les projets prioritaires.
Solaire, hydroélectricité, réseaux : les projets au cœur de l’agenda
Les participants à l’atelier se sont appuyés sur le Document d’appui à la mise en œuvre du Pacte (CISD) pour définir les priorités en matière de réformes, de projets, de financement, de suivi et de gestion des risques.
Les discussions ont notamment porté sur l’amélioration de la préparation et de la viabilité financière des projets dans plusieurs secteurs : solaire, hydroélectricité, biomasse, transport et distribution d’électricité, interconnexions régionales et stockage de l’énergie. Le suivi institutionnel constitue également un axe important.
Marcelin Cissé, directeur général du Plan et représentant du ministre du Plan et du Développement, a indiqué que des dispositions avaient été prises pour assurer un suivi de haut niveau et favoriser la bonne exécution du CISD.
Pilotée conjointement par les Groupes de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale, Mission 300 vise à permettre à 300 millions de personnes supplémentaires en Afrique d’accéder à l’électricité d’ici 2030.