22/09/2026 à 10:37
, Mis à jour le
22/09/2026
Le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA) tient sa troisième édition les 12 et 13 novembre 2026 à Cotonou, au Bénin.
Après avoir attiré plus de 6 700 participants et plus de 3 000 professionnels lors de sa précédente édition, le rendez-vous panafricain des industries culturelles et créatives revient avec une ambition affichée : faire de la musique africaine un véritable levier d’influence, de création de valeur et de développement économique.
Placée sous le thème « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence », l’édition 2026 entend dépasser la seule dimension artistique pour s’intéresser aux enjeux économiques, technologiques et institutionnels qui façonnent l’avenir du secteur.
Le SIMA bénéficie notamment du soutien du ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine du Bénin, du ministère du Tourisme et du Commerce extérieur du Bénin, de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, de la Fondation BOAD, ainsi que de la SACEM, Sony Music et Warner Music Africa.
Le Bénin, deuxième fois pays hôte
Pour la deuxième année consécutive, le Bénin accueillera le SIMA. Un choix qui s’inscrit dans la politique menée par le pays pour renforcer la place des industries culturelles et créatives dans son développement économique et dans son rayonnement régional et international.
Co-fondé en 2022 par l’entrepreneur culturel Mamby Diomandé et l’artiste-producteur Pit Baccardi, le SIMA s’est progressivement imposé comme une plateforme de rencontres entre artistes, producteurs, investisseurs, institutions et professionnels de la musique.
L’édition 2026 entend également prendre en compte les profondes mutations technologiques qui touchent l’industrie musicale. Intelligence artificielle, nouveaux outils de création, transformation des modes de diffusion et évolution des habitudes de consommation seront ainsi au cœur des échanges.
Selon les organisateurs, l’économie créative africaine pourrait contribuer à la création de jusqu’à 20 millions d’emplois à l’horizon 2030. Dans ce contexte, le SIMA veut favoriser le passage d’une reconnaissance culturelle internationale à une meilleure captation de la valeur économique générée par les talents africains.
«La musique africaine n’est plus seulement un phénomène culturel: elle est devenue une force d’influence », souligne Mamby Diomandé, cofondateur du SIMA. L’enjeu, ajoute-t-il, est désormais de transformer cette influence en retombées économiques durables à travers les investissements, la monétisation des contenus, la création d’emplois et le développement de nouveaux marchés.
Trois priorités pour structurer l’industrie
La programmation du SIMA 2026 reposera sur trois grands axes.
Le premier concerne la compétitivité et l’internationalisation. L’objectif est de renforcer la capacité des professionnels africains à se positionner sur les marchés internationaux et à favoriser l’exportation des talents et des productions du continent.
Le deuxième axe porte sur les synergies entre industries créatives. Le salon entend notamment rapprocher la musique de la mode, du cinéma, du tourisme et du sport afin de créer de nouvelles collaborations et de diversifier les sources de revenus.
Enfin, le troisième volet sera consacré aux politiques publiques, à la propriété intellectuelle et à la régulation. Les échanges devront notamment porter sur les moyens permettant aux créateurs et aux entreprises africaines de mieux protéger leurs œuvres et de capter une part plus importante de la valeur produite par leurs activités.
Au-delà des conférences, le SIMA veut également favoriser les rencontres et les collaborations professionnelles grâce à des résidences artistiques, des sessions live et des formats immersifs réunissant artistes, producteurs et acteurs internationaux.
Une semaine consacrée à la création et au business
Du 7 au 11 novembre, le SIMA Lab. Music réunira des artistes et beatmakers venus de différents pays africains pour une résidence destinée à produire un EP collaboratif. Une distribution par une major internationale est envisagée.
Les 12 et 13 novembre, les journées professionnelles et les panels aborderont plusieurs sujets qui transforment actuellement l’industrie musicale : intelligence artificielle, droits d’auteur, mobilité des artistes, financement et accès aux nouveaux marchés.
Le rapprochement entre football et musique constituera également l’un des temps forts de cette édition. Le SIMA souhaite mettre en lumière deux secteurs qui jouent un rôle important dans le rayonnement culturel et l’influence internationale de l’Afrique.
La scène Makaya sera, quant à elle, consacrée à la découverte de nouveaux talents. Des artistes émergents du Togo, du Kenya, de Madagascar et d’autres pays africains y seront mis en avant.
Le programme comprendra également la remise du Prix Hamed Bakayoko, une distinction honorifique destinée à récompenser l’engagement d’un mécène en faveur du développement des industries culturelles et créatives africaines.
Le tourisme pour prolonger l’expérience
Le SIMA ne s’arrêtera pas aux rencontres professionnelles. Le 14 novembre, un circuit touristique organisé en partenariat avec Bénin Tourisme permettra aux artistes, professionnels et invités internationaux de découvrir plusieurs sites emblématiques du pays.
Cette dernière étape vise à prolonger les échanges dans un cadre différent et à mettre en avant le patrimoine culturel, historique et touristique du Bénin.
Avec cette troisième édition, le SIMA entend ainsi placer la musique au cœur d’une réflexion plus large sur l’avenir des industries créatives africaines : comment transformer la visibilité internationale des artistes en revenus, en emplois, en investissements et en influence durable pour le continent.