24/09/2026 à 11:08
, Mis à jour le
24/09/2026
L’Angola doit atteindre une croissance économique d’au moins 7 % par an afin de faire face à l’augmentation de sa population, qui progresse d’environ 3,5 %, et de financer ses importants besoins en infrastructures, estime la Banque africaine de développement (BAD).
Dans un rapport présenté mardi à Luanda, l’institution évalue à près de 14 milliards de dollars par an les financements nécessaires à l’Angola pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et concrétiser les engagements de l’Agenda 2063. À l’heure actuelle, moins de 40 % de cette enveloppe serait mobilisée, laissant apparaître un déficit annuel de financement estimé à 8,6 milliards de dollars.
Selon la BAD, cette insuffisance s’explique non seulement par le manque de ressources disponibles, mais également par les difficultés à mobiliser et à canaliser efficacement les capitaux à grande échelle.
Le niveau d’investissement, évalué à 10,6 % en 2025, reste ainsi en deçà des besoins du pays. L’institution pointe notamment la faiblesse de l’intermédiation financière, l’insuffisante préparation des projets, les lacunes dans les procédures d’appels d’offres compétitives, le poids de l’économie informelle ainsi que la rareté des financements à long terme.
La BAD souligne par ailleurs que l’épargne intérieure, estimée à 15,7 % en 2025, demeure largement sous-exploitée. Dans le même temps, l’accès aux financements extérieurs concessionnels devient de plus en plus limité et coûteux.
Malgré ces contraintes, l’institution panafricaine relève la « forte résilience » de l’économie angolaise. Entre 2020 et 2025, les déficits budgétaires sont restés inférieurs à 3 % du PIB, tandis que l’inflation moyenne a reculé de 25,8 % à 8,79 %. Sur la même période, le ratio de dette publique rapporté au PIB est passé de 119 % à moins de 50%.
La croissance économique a atteint 3,1 % en 2025, portée principalement par le secteur non pétrolier. Pour 2026, la Banque nationale d’Angola table sur une progression de 6,15 % du PIB réel, notamment grâce à la reprise des cours du pétrole.
La BAD estime toutefois que ce rythme reste insuffisant pour réduire significativement la pauvreté et répondre aux besoins de développement du pays. L’accélération de la croissance et la mobilisation de nouveaux financements apparaissent ainsi comme des enjeux majeurs pour l’économie angolaise.