tv whatsapp linkedin facebook twitter instagram
Conquêtes

IA : le Lesotho mise sur sa souveraineté numérique

No Image Caption
28/09/2026 à 10:46 , Mis à jour le 28/09/2026

Le Lesotho franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique.

Ce pays d’Afrique australe est devenu le premier pays à mettre en œuvre le « Blueprint for National AI and Data Strategies » des Nations unies, un cadre conçu pour accompagner les gouvernements dans le passage de la stratégie à sa mise en œuvre concrète. Le gouvernement l’a annoncé mardi 22 septembre 2026.

L’ambition affichée est claire : permettre au pays de développer ses propres capacités en intelligence artificielle, en données et en puissance de calcul, tout en renforçant sa capacité à encadrer et à gouverner ces technologies. Le Lesotho cherche ainsi à ne pas dépendre exclusivement de solutions technologiques développées à l’étranger.

Le cadre proposé par l’ONU doit notamment aider les États à identifier leurs besoins, à définir leurs priorités et à élaborer des stratégies nationales adaptées à leurs réalités économiques et sociales. La Guinée devrait être le prochain pays à engager ce processus.

Une stratégie qui va au-delà des centres de données

Pour le Lesotho, le développement de l’intelligence artificielle ne se résume pas à la construction de centres de données. Le pays veut également renforcer son accès à la puissance de calcul, aux données et aux compétences spécialisées.

Le royaume dispose déjà de plusieurs politiques dans le domaine numérique, d’un centre de données gouvernemental et, depuis août 2026, d’une politique nationale sur l’intelligence artificielle.

La prochaine étape sera consacrée à la mise en œuvre de la première phase de la « National Compute Roadmap 2026-2029 ». Cette feuille de route doit orienter le développement des capacités nationales de calcul en prenant notamment en compte les besoins en énergie, en eau, en financement et en ressources humaines qualifiées.

Des infrastructures pensées pour les besoins locaux

Le gouvernement entend également éviter que les investissements technologiques restent déconnectés des réalités du pays. Les infrastructures numériques devront répondre à des besoins concrets dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la gestion de l’eau et les services publics.

«La technologie doit être jugée à l’aune de son impact sur la vie des gens et de sa capacité à ne laisser personne de côté », a déclaré Amandeep Gill, sous-secrétaire général des Nations unies et envoyé spécial pour les technologies numériques et émergentes.

Cette orientation traduit la volonté du Lesotho de faire de l’intelligence artificielle non seulement un enjeu technologique, mais également un outil au service du développement économique et social.

Un processus soutenu par plusieurs partenaires internationaux

Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement d’un atelier organisé à Maseru du 17 au 21 août 2026, avec l’appui des Nations unies. Les échanges ont porté sur plusieurs piliers essentiels au développement de l’IA : puissance de calcul, énergie, connectivité, données, compétences et financement.

Les travaux ont notamment abouti à l’élaboration d’un projet de feuille de route nationale sur les capacités de calcul.

Le processus a réuni plusieurs agences des Nations unies ainsi que la Banque mondiale et l’OCDE, avec la participation d’experts venus du Sénégal, de l’Éthiopie et de la Guinée.

Si le Lesotho entend tirer parti de cette expertise internationale, le gouvernement souhaite conserver la maîtrise de sa transformation numérique.

L’objectif est désormais de transformer les orientations stratégiques en capacités nationales concrètes, afin que l’IA puisse répondre aux priorités du pays et bénéficier directement à sa population.