29/09/2026 à 10:30
, Mis à jour le
29/09/2026
La Confédération des États du Sahel (AES) a lancé samedi 26 septembre à Bamako deux jours de travaux techniques consacrés à la préparation de la cinquième réunion des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce.
Réunis dans la capitale malienne, les experts du Mali, du Burkina Faso et du Niger doivent notamment faire le point sur la mise en œuvre du Plan d’actions prioritaires et identifier les principaux obstacles qui continuent de freiner la circulation des personnes et des marchandises au sein de l’espace confédéral.
Les discussions portent également sur les mécanismes de financement des secteurs stratégiques et sur les mesures susceptibles de faciliter les échanges commerciaux entre les trois pays.
Plusieurs projets au cœur des discussions
Les travaux doivent aussi permettre d’évaluer l’état d’avancement de plusieurs projets annoncés lors des précédentes rencontres ministérielles.
Parmi les initiatives examinées figurent notamment la création d’une centrale d’achat de produits essentiels, la mise en place d’un Observatoire du climat des affaires ainsi que l’harmonisation des règles encadrant les investissements dans les trois pays.
Une session spécifique réunira par ailleurs les représentants du secteur privé. Les entreprises pourront y exposer les difficultés auxquelles elles sont confrontées dans les domaines du commerce, de l’industrialisation et de l’investissement au sein de l’espace de l’AES.
Un marché de 75 millions d’habitants
Au-delà des mécanismes institutionnels, l’enjeu est aussi économique. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger comptaient ensemble environ 75,1 millions d’habitants en 2024, pour un produit intérieur brut cumulé proche de 69,8 milliards de dollars, selon les données de la Banque mondiale.
Leur territoire représente par ailleurs près de 2,8 millions de kilomètres carrés, offrant un vaste espace potentiel pour le développement des échanges et des investissements.
Les trois États utilisent déjà le franc CFA et sont membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont les règles prévoient notamment la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.
Les travaux de Bamako devront donc préciser la manière dont les nouveaux mécanismes commerciaux envisagés par l’AES pourront s’articuler avec les dispositifs existants au sein de l’UEMOA.
Vers une harmonisation des règles économiques
Le processus d’intégration économique de l’AES a été engagé lors d’une première réunion ministérielle organisée en octobre 2024 à Bamako. Une deuxième rencontre, tenue en avril 2025, avait notamment débouché sur la création d’un comité tripartite chargé du suivi des recommandations.
En juin 2026, les ministres ont franchi une nouvelle étape avec l’adoption d’un Plan d’actions prioritaires actualisé, des termes de référence d’une directive consacrée à l’attractivité des investissements et d’une décision visant à lutter contre la fraude et la concurrence déloyale.
Ils ont également retenu le principe de la création d’un cadre commun de certification, de normalisation et de contrôle de la qualité des produits.
Le financement et le calendrier au centre des attentes
La réunion ministérielle prévue lundi devra notamment se pencher sur le calendrier de mise en œuvre, le financement des différents projets ainsi que les modalités de fonctionnement de la future centrale d’achat.
Les conclusions des experts réunis à Bamako doivent servir de base aux ministres pour définir la prochaine feuille de route de l’AES en matière de commerce, d’industrie et d’investissement.
L’objectif affiché est de transformer progressivement les ambitions d’intégration économique des trois pays en mécanismes concrets capables de faciliter les échanges et de renforcer les activités industrielles et commerciales dans l’espace confédéral.