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Ghana : l’économie reprend des couleurs

Accra, Ghana
Accra, Ghana
05/10/2026 à 09:55 , Mis à jour le 05/10/2026

L’économie ghanéenne confirme son redressement. Après plusieurs années de fortes tensions macroéconomiques, le pays a enregistré une croissance de 5,8 % en 2025, contre 5,6 % en 2024, selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) consacré au Ghana.

Cette reprise repose notamment sur la bonne tenue des services et de l’agriculture, le dynamisme de la consommation intérieure ainsi que sur les performances du secteur minier. La production d’or, soutenue par des cours internationaux favorables, a notamment contribué à renforcer l’activité économique.

Les indicateurs macroéconomiques se redressent

Le Ghana a également enregistré une amélioration sensible de ses principaux indicateurs macroéconomiques en 2025.

L’inflation est revenue à 14,6 %, contre 22,9 % un an plus tôt. Dans le même temps, le déficit budgétaire s’est contracté à 2,4 % du PIB, contre 6,3 % en 2024. La dette publique a également reculé, passant de 61,8 % à 45,3 % du PIB.

La position extérieure du pays s’est, elle aussi, renforcée. La progression des exportations, l’augmentation des transferts de fonds de la diaspora et l’amélioration des réserves de change ont contribué à consolider les équilibres extérieurs.

Pour la Banque africaine de développement, ces évolutions témoignent d’une amélioration de la stabilité macroéconomique et d’un regain de confiance dans l’économie ghanéenne.

Une croissance encore insuffisante pour absorber les besoins sociaux

Derrière ces performances, plusieurs défis demeurent toutefois considérables.

La croissance économique, bien qu’en progression, reste insuffisante pour générer suffisamment d’emplois et accélérer durablement la réduction de la pauvreté. Le chômage des jeunes atteint 32 %, tandis que la pauvreté multidimensionnelle concerne encore 22 % de la population.

L’économie reste par ailleurs marquée par de faibles niveaux de productivité et de valeur ajoutée dans une partie importante des activités. Le véritable enjeu pour le Ghana est donc désormais de transformer la reprise macroéconomique en une croissance davantage créatrice d’emplois, de revenus et d’opportunités.

Un besoin de financement de 1,5 milliard de dollars par an

Pour accélérer cette transformation, le Ghana devra fortement augmenter ses investissements.

Selon le rapport de la BAD, le pays aurait besoin de mobiliser environ 3,3 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour financer ses ambitions de transformation structurelle. Or, les flux de financement annuels moyens n’ont atteint qu’environ 1,8 milliard de dollars entre 2020 et 2024.

L’écart est donc estimé à 1,5 milliard de dollars par an.

La mobilisation de nouvelles sources de capitaux apparaît ainsi comme un enjeu central pour financer les infrastructures, soutenir les secteurs productifs et renforcer les capacités économiques du pays.

Mobiliser davantage de ressources nationales et privées

Le rapport identifie notamment la mobilisation des ressources intérieures comme une piste essentielle pour donner au gouvernement davantage de marge de manœuvre budgétaire.

La Banque africaine de développement souligne également le potentiel des partenariats public-privé, des fonds de pension, des fonds souverains, du capital de la diaspora et des mécanismes de financement mixte.

L’objectif est de diversifier les sources de financement et de mobiliser davantage de capitaux à long terme au service du développement.

Le secteur financier au cœur de la prochaine étape

Le système financier ghanéen a, de son côté, enregistré des avancées en matière d’inclusion financière. La progression de la finance numérique et de la monnaie mobile a notamment contribué à élargir l’accès aux services financiers et à approfondir les marchés.

Mais l’accès au financement reste un obstacle pour une partie du secteur privé, notamment pour les petites et moyennes entreprises. La faiblesse du financement à long terme continue de limiter les investissements dans les secteurs productifs.

Le renforcement de l’intermédiation financière et l’amélioration de l’accès aux capitaux seront donc déterminants pour favoriser la diversification de l’économie et soutenir le développement des entreprises.

Une croissance attendue à 5 % en 2026

Les perspectives restent favorables. La croissance du PIB est projetée à 5 % en 2026, puis à 5,4 % en 2027.

Ces perspectives reposent notamment sur l’amélioration de la confiance des entreprises, la poursuite du ralentissement de l’inflation et la continuité des réformes économiques.

Pour le Ghana, l’enjeu de la prochaine phase est désormais clairement identifié : consolider les progrès macroéconomiques tout en faisant de la croissance un moteur plus puissant de création d’emplois, de productivité et de réduction de la pauvreté.

Comme le souligne Zerihun G. Alemu, économiste pays en chef de la Banque africaine de développement et principal auteur du rapport, la priorité consiste désormais à faire en sorte que la croissance se traduise par des emplois productifs, des revenus plus élevés et une transformation économique renforcée.

Le Ghana dispose ainsi de bases économiques plus solides après les réformes engagées et la restructuration de sa dette. Reste à convertir cette stabilisation en une croissance durable et inclusive, capable de produire davantage d’opportunités pour la population.