Les perspectives de croissance de la Namibie s’assombrissent pour 2026. La Banque de Namibie table désormais sur une progression de 2,1% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,6% dans sa prévision précédente, alors que l’inflation et le niveau des taux d’intérêt continuent de peser sur l’activité économique.
Cette nouvelle estimation figure dans le dernier rapport économique trimestriel de l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IPPR), consacré à la période allant de juillet à septembre 2026.
Malgré ces perspectives prudentes, l’économie namibienne a enregistré une performance solide au deuxième trimestre, avec une croissance de 4,8%. Il s’agit du 21e trimestre consécutif de progression depuis le début de la reprise économique amorcée au premier trimestre 2021.
La Banque centrale prévoit toutefois une accélération progressive de l’activité au cours des prochaines années, avec une croissance attendue de 2,8% en 2027, puis de 3,2% en 2028.
La révision à la baisse intervient après une année 2025 difficile. La croissance économique n’avait atteint que 1,7%, contre 3,8% en 2024.
Cette contre-performance s’explique notamment par le recul de la production de diamants et d’or, ainsi que par les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs. Les services et la construction ont néanmoins continué de soutenir l’activité.
Les services occupaient ainsi une place dominante dans l’économie namibienne en 2025, représentant 55,1% de l’activité économique, contre 21% pour les secteurs primaires et 14,9% pour les secteurs secondaires.
Plusieurs branches ont enregistré une croissance positive, notamment la construction, l’agriculture, la production d’électricité et d’eau, les technologies de l’information et de la communication, le commerce, la santé, l’éducation et l’administration publique.
À l’inverse, les industries manufacturières, les activités minières et l’élevage ont accusé des contractions.
L’inflation sous surveillance
L’évolution des prix constitue désormais l’un des principaux sujets de préoccupation. L’inflation a atteint 5% en août 2026, contre 4,4% en Afrique du Sud, principalement sous l’effet de la hausse des prix des carburants.
Face aux pressions inflationnistes, la Banque de Namibie avait relevé en juin son taux directeur de 25 points de base, à 6,75%, mettant fin à trois années sans hausse. Le taux a ensuite été maintenu lors de la réunion d’août.
Malgré les difficultés, certains indicateurs financiers demeurent rassurants. Les réserves de change ont atteint 51,8 milliards de dollars namibiens à la fin du deuxième trimestre, soit l’équivalent de 3,2 mois d’importations, au-dessus du seuil de référence de trois mois.
Le secteur bancaire affiche également une amélioration. Le taux de créances douteuses des banques commerciales est tombé à 4,2% au premier trimestre 2026, tandis que les crédits accordés aux ménages, notamment les prêts immobiliers, sont restés globalement stables.
Les investissements privés ont toutefois légèrement reculé en 2025, après les niveaux élevés enregistrés en 2023 et 2024, notamment grâce à l’essor des activités d’exploration pétrolière et gazière. Les investissements privés non miniers ont néanmoins progressé, passant de 7,4% à 7,8% du PIB.
Selon les données de l’Agence namibienne des statistiques, la croissance a atteint 4,8% sur un an au deuxième trimestre 2026. Cette performance n’a cependant pas conduit la Banque de Namibie à relever sa prévision annuelle, maintenue à 2,1%.
L’évolution de l’économie namibienne au cours des prochains mois dépendra notamment de l’évolution des prix des carburants, des performances du secteur minier et des services, du niveau des investissements et de la conjoncture économique régionale et internationale.
La Namibie devra ainsi composer avec un paradoxe : une activité qui montre encore des signes de dynamisme à court terme, mais des perspectives annuelles freinées par les pressions inflationnistes, les coûts du crédit et la fragilité de certains secteurs clés.