Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a effectué lundi le voyage inaugural du train de voyageurs de la Compagnie du Transguinéen (CTG), sur un parcours de 148 kilomètres reliant le port de Morébaya à Kassa, dans la préfecture de Mamou.
Cette étape marque une avancée dans le développement des infrastructures ferroviaires associées au gigantesque projet minier de Simandou.
Installé à bord de la locomotive KOMA, qui tractait quatre wagons de voyageurs, le chef de l’État était accompagné de plusieurs membres du gouvernement, de responsables de la présidence, de représentants du Comité stratégique de Simandou, de diplomates et d’autorités locales, selon les informations communiquées par la présidence guinéenne.
Après plus d’une heure de trajet, la délégation présidentielle a rejoint Kassa, où Mamadi Doumbouya a visité les installations ferroviaires. Le voyage retour vers Morébaya a ensuite été effectué à bord de la locomotive SANFINA.
Cette mise en circulation inaugurale s’inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040, qui ambitionne de moderniser les infrastructures nationales, de renforcer les capacités logistiques de la Guinée et de soutenir sa transformation économique. Le corridor ferroviaire doit notamment assurer la liaison entre le port de Morébaya et les zones minières de Simandou, avec des perspectives de transport de marchandises et de voyageurs.
Les caractéristiques techniques du réseau témoignent de l’ampleur des travaux réalisés. D’après les données publiées par la présidence, la ligne principale compte 205 ponts et quatre tunnels. Parmi les ouvrages les plus remarquables figure le viaduc de Colomo II, qui s’étend sur 2 115,94 mètres. Le réseau comprend également un tunnel de 11,6 kilomètres, présenté par les autorités comme le plus long tunnel ferroviaire d’Afrique de l’Ouest.
À ces infrastructures s’ajoutent 1 170 dalots, 26 passages à faune, 29 passages supérieurs et 42 ponts cadres. L’embranchement secondaire comporte, quant à lui, cinq ponts et un tunnel de 926 mètres, illustrant l’importance des aménagements nécessaires à la réalisation du projet.
Au-delà de l’exploitation des ressources minières, les autorités guinéennes entendent faire du Transguinéen un instrument de développement économique. Le réseau devrait contribuer à dynamiser le commerce, à faciliter l’écoulement des produits agricoles et à améliorer les liaisons de transport à l’intérieur du pays.
L’accès des voyageurs à cette infrastructure devrait se faire progressivement, parallèlement à l’aménagement de gares modernes le long du tracé. Toutefois, la date précise de l’ouverture commerciale, les tarifs des billets et les conditions d’exploitation n’ont pas encore été communiqués officiellement.
Ce voyage inaugural constitue ainsi une étape importante pour le Transguinéen et les ambitions économiques portées par le projet Simandou. La portée réelle de cette infrastructure dépendra désormais de sa mise en exploitation effective et de sa capacité à générer des retombées durables pour l’économie nationale et les populations guinéennes.