tv whatsapp linkedin facebook twitter instagram

El Niño assombrit les perspectives du Zimbabwe

No Image Caption
16/10/2026 à 10:41 , Mis à jour le 16/10/2026

Le Zimbabwe prévoit de constituer une réserve de 500 millions de dollars pour faire face aux conséquences d’El Niño sur la sécurité alimentaire.

Le ministre des Finances, Mthuli Ncube, a annoncé mercredi 14 octobre la préparation de ce dispositif, qui devrait être intégré au budget 2027, attendu en novembre.

Cette enveloppe sera répartie en deux volets : 250 millions de dollars en liquidités et 250 millions supplémentaires destinés à l’achat de céréales. L’objectif est de permettre au gouvernement de mobiliser rapidement des ressources financières et des stocks alimentaires en cas de mauvaise récolte.

Les autorités anticipent en effet une baisse de la production nationale de maïs à 1,6 million de tonnes en 2027, soit près de 30 % de moins qu’en 2026. Cette prévision reste préoccupante au regard des besoins annuels du pays, estimés à environ 2,2 millions de tonnes, dont 400 000 tonnes destinées à l’alimentation animale.

Face à la menace climatique, le gouvernement avait déjà engagé plusieurs mesures préventives. Le 4 août, le ministre de l’Agriculture, Anxious Masuka, avait fixé un objectif de 450 000 tonnes de réserves stratégiques à atteindre d’ici à la fin de 2026. Selon Mthuli Ncube, environ 200 000 tonnes de maïs avaient déjà été achetées auprès des producteurs locaux pour renforcer ces stocks.

Le gouvernement a également annoncé, le 2 octobre, la suppression des droits de douane sur certaines denrées alimentaires afin de faciliter les importations en cas de pénurie. Les produits concernés, la durée de cette mesure et ses modalités d’application n’ont toutefois pas été précisés.

Au-delà des risques alimentaires, le phénomène El Niño fait également peser des menaces sur les perspectives économiques du pays. Le Zimbabwe a ainsi revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2027, désormais fixée à 3,5 %, contre 5 % précédemment, en raison des répercussions attendues sur le secteur agricole.

Dans son document d’orientation budgétaire publié le 30 juillet, le Trésor avait déjà identifié la sécheresse liée à El Niño comme un risque majeur pour les récoltes, les revenus des populations rurales et la production hydroélectrique.

Pour limiter ces effets, les autorités entendent privilégier l’anticipation, le renforcement des réserves stratégiques, la distribution d’intrants agricoles et l’assistance aux ménages vulnérables. La réserve envisagée de 500 millions de dollars s’inscrit ainsi dans une stratégie visant à mieux préparer le pays à une éventuelle crise alimentaire.