Le Cyber Africa Forum (CAF) tiendra sa sixième édition les 16 et 17 novembre 2026 à Cotonou, au Bénin, autour du thème « Construire la confiance numérique de demain ».

Cette édition s’articulera autour de cinq axes majeurs : l’intelligence artificielle et la souveraineté numérique, la cybersécurité et la cyberdiplomatie, le financement de l’économie numérique, l’identité numérique, ainsi que les talents et les industries créatives.

La cybersécurité, un défi stratégique pour l’Afrique

Alors que le continent accélère la numérisation de ses administrations, de ses services financiers et de ses échanges commerciaux, la multiplication des cybermenaces renforce les enjeux liés à la confiance numérique.

Selon les données citées dans la présentation du Forum, l’intelligence artificielle intervient désormais dans 55 % des cybercrimes signalés en Afrique. Les pertes déclarées seraient passées de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions en 2025.

Dans le secteur financier, 97 % des répondants au Baromètre de l’industrie financière africaine, réalisé par Deloitte et l’Africa Financial Summit (AFIS), considèrent la cybersécurité comme une priorité réglementaire.

Le déploiement de l’identité numérique, l’essor des paiements électroniques et l’intégration commerciale portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) rendent ainsi la sécurisation des échanges indispensable. Le CAF 2026 entend contribuer à cette réflexion en réunissant experts, institutions et acteurs économiques autour des réponses à apporter à ces défis.

Cinq axes pour décrypter les mutations numériques

La gouvernance de l’intelligence artificielle figurera parmi les principaux sujets de discussion. Les participants examineront les conditions d’un usage responsable et souverain de cette technologie, ainsi que le bilan de ses avancées après plusieurs années d’adoption.

Les débats porteront également sur les crises de confiance dans le cyberespace, les fuites de données, les attaques contre les administrations et la désinformation. La cyberdiplomatie et les limites des règles internationales face à ces menaces seront notamment abordées.

Le financement du numérique africain constituera un autre volet important, avec des échanges sur l’orientation des investissements, les risques associés et la sécurisation des paiements digitaux. Les enjeux de l’identité numérique seront également examinés, notamment les vulnérabilités liées à la centralisation des données et les garanties nécessaires à leur protection.

Enfin, le Forum accordera une place aux talents, à la participation des femmes dans la technologie et aux industries créatives. Le programme prévoit notamment les initiatives Cyber Africa Women et « She Leads », ainsi que des échanges sur les applications de l’intelligence artificielle dans la mode, la musique, le sport et les arts, en présence des ministres de la Culture du Bénin et du Rwanda.

Le HackerLab et les industries créatives à l’honneur

En marge des conférences, plusieurs initiatives viendront renforcer la dimension pratique du Forum. Organisé par l’Agence des systèmes d’information et du numérique (ASIN) en partenariat avec le CAF, le HackerLab réunira 80 finalistes pour une compétition de cybersécurité de 48 heures, du 15 au 17 novembre, au Golden Tulip.

Le programme Tech 4 Creative Industries explorera, quant à lui, les usages de l’intelligence artificielle dans les secteurs culturels et artistiques. Le Collège d’experts contribuera également aux réflexions sur les principaux défis numériques du continent.

Pour Ange Koua, responsable éditoriale du Cyber Africa Forum, cette édition doit permettre aux participants de repartir avec des perspectives concrètes et de nouvelles possibilités de collaboration.

L’ambition affichée est de transformer les échanges en recommandations, en partenariats et en initiatives capables d’accompagner durablement la transformation numérique africaine.