Le Cameroun renforce sa préparation face au risque d’introduction du virus Ebola, après l’annonce d’un premier cas au Nigeria voisin.

Réuni le 22 octobre 2026 à Yaoundé, le Comité stratégique des urgences sanitaires a adopté sept mesures prioritaires destinées à améliorer la surveillance épidémiologique et la capacité de riposte du pays.

Présidée par le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, la réunion a débouché sur un ensemble d’actions visant à prévenir la propagation de la maladie sur le territoire camerounais. Les autorités prévoient notamment de renforcer la surveillance, de mettre en alerte les formations sanitaires publiques et privées et d’améliorer les capacités de diagnostic et de prise en charge des cas suspects.

Sept mesures pour renforcer la préparation

Le plan prévoit également de mobiliser et de recycler les équipes d’intervention rapide afin d’améliorer leur capacité à réagir en cas d’alerte. Une feuille de route assortie d’un budget doit par ailleurs être élaborée puis soumise au Premier ministre pour préciser les besoins et les moyens nécessaires à la mise en œuvre des mesures.

La coopération transfrontalière figure aussi parmi les priorités. Le Cameroun entend renforcer les échanges avec les autorités nigérianes et les partenaires techniques afin de mieux coordonner la surveillance et de limiter les risques liés aux déplacements transfrontaliers.

Ces dispositions doivent permettre de détecter rapidement tout cas suspect, de procéder à son isolement et d’assurer une prise en charge adaptée.

Une vigilance accrue face à la propagation du virus

La décision des autorités camerounaises intervient dans un contexte épidémique préoccupant. Les données présentées lors de la réunion font état de 9 637 cas confirmés et de 4 646 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %. La République démocratique du Congo est citée comme le principal foyer de l’épidémie.

Face aux insuffisances relevées dans le niveau de préparation du pays, le gouvernement entend améliorer la coordination entre les différents acteurs sanitaires et renforcer les moyens disponibles pour faire face à une éventuelle introduction du virus.

Le ministre de la Santé publique a également appelé les professionnels des médias à faire preuve de responsabilité dans le traitement de l’information. Il a insisté sur la nécessité de privilégier des données fiables et vérifiées afin d’informer la population sans alimenter la panique.

Pour le Cameroun, l’enjeu consiste désormais à traduire ces décisions en capacités opérationnelles concrètes, notamment en matière de surveillance, de diagnostic, de prise en charge et de coordination avec les pays voisins.