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Ainsi va l’Afrique

Union Africaine -Russie : un nouveau cadre de coopération

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30/10/2026 à 13:36 , Mis à jour le 30/10/2026

L’Union africaine (UA) et la Russie renforcent leur partenariat stratégique. Les deux parties ont défini 19 domaines de coopération dans le cadre d’un plan d’action couvrant la période 2027-2029.

La paix et la sécurité, l’énergie, l’agriculture, la santé, le commerce et les nouvelles technologies figurent parmi les secteurs prioritaires. L’annonce a été faite dans un communiqué de l’UA publié le mercredi 28 octobre.

Le document a été signé à Moscou par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en marge du troisième Sommet Russie-Afrique. Il s’inscrit dans la continuité du mémorandum d’entente établissant les principes fondamentaux des relations entre les deux parties.

Selon le communiqué de l’organisation panafricaine, ce dispositif vise à consolider le dialogue politique, à renforcer les relations institutionnelles et à améliorer la coordination sur les enjeux régionaux et internationaux, notamment dans le cadre des Nations unies.

La paix et la sécurité parmi les priorités

La coopération sécuritaire occupe une place centrale dans ce nouveau programme. Les initiatives envisagées portent notamment sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, le partage d’expertise et le renforcement des capacités des institutions concernées.

Ces actions s’inscrivent dans la volonté de l’Union africaine de parvenir à l’objectif de « faire taire les armes » sur le continent à l’horizon 2030.

Le partenariat prévoit également des échanges dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation. L’intelligence artificielle, la cybersécurité, les technologies spatiales et les solutions numériques font partie des secteurs ciblés. Les deux parties souhaitent aussi soutenir la recherche et développer des systèmes d’alerte précoce pour mieux anticiper les crises.

Au-delà des questions sécuritaires et technologiques, le plan couvre plusieurs secteurs économiques et sociaux, notamment l’énergie, les transports, l’agriculture, la santé, le commerce et l’éducation. Il prévoit également de promouvoir les partenariats universitaires et de renforcer les compétences techniques dans les États membres de l’Union africaine.

Commerce, armement et énergie : les autres piliers du partenariat

Ce nouveau cadre intervient alors que Moscou poursuit le développement de ses relations économiques, diplomatiques et sécuritaires avec les pays africains.

Dans le secteur agricole, les échanges occupent une place importante. Au premier semestre 2026, les exportations de produits agricoles russes vers l’Afrique ont progressé de 35 % en valeur, pour atteindre 2,9 milliards de dollars. L’Égypte, le Soudan et le Kenya figurent parmi les principales destinations de ces produits.

Sur le plan militaire, la Russie a également renforcé ses relations avec plusieurs pays du continent, notamment au Sahel et en Afrique centrale. Selon l’Institut suédois de recherche sur la défense (FOI), au moins 57 accords intergouvernementaux de coopération militaire impliquant 39 pays africains étaient recensés en mars 2026, dans le cadre de son suivi de ces relations depuis 2015.

Les ventes d’armements constituent un autre volet de cette présence. D’après l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie représentait 15 % des importations africaines de grands systèmes d’armes sur la période 2021-2025. Elle se plaçait derrière les États-Unis, avec 19 %, et la Chine, avec 17 %.

L’énergie représente également un axe important de la coopération. À travers le groupe public Rosatom, spécialisé dans le nucléaire, Moscou cherche à développer ses partenariats sur le continent. Parmi les projets emblématiques figure la centrale nucléaire d’El-Dabaa, en Égypte, dont la construction prévoit quatre réacteurs.

Un partenariat inscrit dans l’Agenda 2063

À travers ce plan d’action, l’Union africaine et la Russie entendent contribuer aux ambitions de développement et d’intégration du continent définies dans l’Agenda 2063, intitulé « L’Afrique que nous voulons ».

L’UA précise néanmoins que le document constitue un cadre de coopération et qu’il ne crée aucun droit ni aucune obligation au regard du droit international. Il fixe ainsi des axes de collaboration pour les trois prochaines années, sans instaurer, à lui seul, d’engagements juridiquement contraignants.

La mise en œuvre concrète des initiatives prévues permettra de mesurer la portée de ce rapprochement dans les domaines économique, technologique, énergétique et sécuritaire.