Le Groupe d’action financière (GAFI), principal organisme mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a annoncé vendredi le retrait du Burkina Faso, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et du Mozambique de sa liste de surveillance renforcée, communément appelée liste grise.

La décision, prise à l’issue de la réunion plénière du GAFI à Paris, était très attendue. Selon l’organisation, ces quatre États ont accompli « des progrès significatifs dans la mise en œuvre de réformes structurelles » pour renforcer la transparence et la conformité de leurs systèmes financiers.

Le Burkina Faso, inscrit depuis février 2021, a amélioré la surveillance du secteur bancaire et des professions non financières réglementées. Le Nigeria, ajouté en février 2023, a modernisé son cadre réglementaire et renforcé la coordination entre institutions. L’Afrique du Sud a perfectionné ses dispositifs de détection du blanchiment et du financement du terrorisme, tandis que le Mozambique a accru le partage d’informations entre agences et le suivi des transactions transfrontalières.

En Afrique du Sud, la réaction des marchés a été immédiate : le rendement des obligations souveraines à dix ans a légèrement reculé et le rand s’est apprécié face au dollar, traduisant un regain de confiance des investisseurs. Pour le Nigeria, la mesure devrait faciliter les transferts de fonds de la diaspora, évalués à près de 20 milliards de dollars par an, et réduire les coûts de transaction pour les banques locales.

Les économistes estiment que cette sortie de la liste grise pourrait rendre les quatre pays plus attractifs pour les investissements directs étrangers (IDE) et alléger les contraintes sur les flux de capitaux, dans un contexte mondial où la conformité financière devient un facteur clé d’intégration économique.

Le GAFI rappelle néanmoins que cette sortie ne constitue pas une exonération durable : les pays concernés devront poursuivre leurs réformes et rester soumis à des évaluations périodiques.

Pour l’Afrique, où plusieurs pays figurent toujours sur la liste grise, cette décision montre une dynamique positive en matière de gouvernance financière et de lutte contre les flux illicites, estimés à près de 90 milliards de dollars par an, selon la CNUCED, rapporte l’agence ecofin.