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Hamza Abdi Barre : « La coopération Sud–Sud n’est pas un choix, c’est un impératif stratégique »

Hamza Abdi Barre, premier ministre de la République Fédérale de Somalie.
Hamza Abdi Barre, premier ministre de la République Fédérale de Somalie.
29/11/2025 à 15:34 , Mis à jour le 29/11/2025

Dans un monde secoué par l’instabilité et l’érosion du multilatéralisme, le Premier ministre somalien Hamza Abdi Barre a exhorté les pays du Sud à sortir de la marge pour devenir des forces actives de décision, tout en saluant le leadership stratégique du Maroc et la vision royale qui porte la coopération Sud-Sud.

A Tanger, à l’occasion de la 17ème édition du forum MEDays, le Premier ministre somalien Hamza Abdi Barre a dressé un tableau sans concession de l’état du monde : crises en cascade, guerres commerciales et technologiques, tensions géopolitiques croissantes et institutions internationales affaiblies. Selon lui, « le système international actuel ne protège plus l’équilibre mondial », un équilibre pourtant indispensable à la stabilité et à la dignité des peuples.Dans ce contexte, a-t-il insisté, l’attentisme n’est plus une option : « La force du moment exige que nous soyons des acteurs qui prennent position, non des spectateurs qui s’adaptent. »Un plaidoyer fort pour la coopération Sud–SudS’exprimant au nom du peuple somalien, le chef du gouvernement a rappelé que de larges régions du Sud ont longtemps subi un ordre mondial conçu sans elles. Mais cette ère touche à sa fin : l’Afrique s’affirme, l’Asie rééquilibre les rapports de force, l’Amérique latine retrouve son influence et les alliances Sud–Sud gagnent en puissance.Le Premier ministre somalien a été catégorique : « La coopération Sud–Sud n’est pas un choix, c’est un impératif stratégique. » Pour lui, la Somalie est prête à jouer un rôle central dans cette nouvelle architecture géoéconomique du Sud global, en plaçant au cœur de ses priorités la sécurité régionale, fondée sur une coopération navale renforcée, la lutte contre les menaces transnationales et le partage du renseignement. Il a également mis en avant l’importance d’un réseau intégré de transport et de logistique, combinant corridors maritimes, terrestres et aériens destinés à relier l’Afrique de l’Est au Maroc puis à l’Europe. Dans le domaine des énergies renouvelables, la Somalie mise sur le solaire, l’éolien et les technologies de dessalement pour poser les bases d’un modèle énergétique durable. Enfin, il a insisté sur le rôle déterminant des technologies émergentes, appelant à la création d’écosystèmes numériques, au développement de l’intelligence artificielle et au renforcement du transfert de compétences pour accompagner l’innovation africaine.Une nouvelle équation du SudHamza Abdi Barre a présenté une série d’initiatives structurantes destinées à redéfinir le rôle du Sud global dans l’équation internationale. Il a d’abord plaidé pour la création d’une Alliance maroco-africaine dédiée à la sécurité maritime, portée par des pays dotés d’une expertise reconnue dans ce domaine, au premier rang desquels le Maroc. Il a ensuite proposé l’établissement d’un corridor maritime reliant l’Afrique de l’Est au Maroc puis à l’Europe, conçu pour fluidifier les échanges, renforcer l’intégration commerciale et réduire les coûts logistiques. Le Premier ministre somalien a également appelé au lancement d’un Fonds d’investissement du Sud global, destiné à soutenir la transformation technologique, renforcer les économies émergentes et accompagner leur diversification. Enfin, il a suggéré la mise en place d’observatoires spécialisés en intelligence artificielle, afin de doter les pays du Sud de capacités d’analyse, d’innovation et de projection stratégique. Toutes ces propositions convergent, a-t-il souligné, vers un même objectif : « bâtir une équation nouvelle, équitable et ambitieuse ».Sur le rôle du Maroc, le Premier ministre a noté que le pays est aujourd’hui « stabilisateur, visionnaire et moteur » dans un système international fragilisé. « Le Maroc joue un rôle essentiel pour restaurer l’équilibre d’un système international en mutation profonde », a-t-il rappelé.Hamza Abdi Barre a conclu sur un appel déterminé : « L’avenir ne se subit pas, il se construit. Ensemble, nous devons bâtir un nouvel ordre du Sud global fondé sur la justice, la coopération et le développement partagé. »

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