Face aux tensions persistantes sur l’approvisionnement en carburants, le gouvernement malien a adopté, mercredi, une série de mesures visant à instaurer un stock national stratégique de produits pétroliers.
Cette initiative intervient dans un contexte délicat, marqué à la fois par une hausse des prix à la pompe et par des menaces sécuritaires croissantes ciblant les convois de ravitaillement. L’objectif est clair : renforcer la capacité du pays à faire face aux ruptures logistiques et aux fluctuations du marché international.
Le dispositif prévoit la constitution de réserves couvrant jusqu’à 45 jours de consommation pour les principaux produits énergétiques, notamment l’essence, le gasoil, le carburant aviation (Jet A1) et le gaz butane.
Fortement dépendant des importations, le Mali continue de voir ses besoins augmenter. En 2024, les volumes importés ont atteint plus de 2,66 millions de mètres cubes, en légère hausse par rapport à 2023. La progression est particulièrement notable pour le gaz butane, dont la demande a bondi de plus de 14%.
Dans ce contexte, l’État cherche à amortir les chocs extérieurs et à stabiliser le marché intérieur, alors que les subventions publiques ont déjà été fortement sollicitées pour contenir l’envolée des prix. Les tarifs actuels s’établissent à 875 FCFA le litre d’essence et 940 FCFA pour le gasoil, contre des niveaux nettement inférieurs auparavant.
Par ailleurs, la question sécuritaire reste un défi majeur. Ces derniers mois, d’imposants convois de 300 à 400 citernes ont dû être escortés pour approvisionner la capitale. L’attaque meurtrière du 29 janvier 2026 contre un convoi dans l’ouest du pays a illustré la fragilité de cette chaîne logistique stratégique.
À travers ce mécanisme de stockage, les autorités ambitionnent désormais de sécuriser durablement l’approvisionnement énergétique, tout en réduisant l’exposition du pays aux crises régionales et aux aléas du marché mondial.