Un ex-ministre des Finances du Malawi a été arrêté dimanche par la police, qui le soupçonne de blanchiment d'argent et d'abus de pouvoir, dans le cadre d'une répression post-électorale de plus en plus large visant d'anciens hauts fonctionnaires.
L'ex-ministre, Simplex Chithyola, qui est le chef de l'opposition au sein de l'actuel Parlement, s'est rendu à la police après avoir appris qu'il était recherché par les enquêteurs, a déclaré son avocat George Kadzipatike, confirmant à l'AFP les accusations portées contre son client.
Chithyola a été ministre des Finances entre 2023 et 2025 dans le gouvernement du président Lazarus Chakwera (2020-2025), qui a été remplacé en septembre à l'issue d'un scrutin dont le thème dominant a été la flambée des prix dans ce pays d'Afrique australe.
Des personnalités liées à l'administration quand le Parti du congrès du Malawi (MCP) était au pouvoir font l'objet d'une série d'enquêtes portant sur des allégations de corruption et de malversations financières pendant l'ère Chakwera.
Chithyola s'était fait remarquer par des démonstrations ostentatoires de richesse au cours de sa campagne infructueuse pour le poste de secrétaire général du MCP.
D'après un décompte de l'AFP, au moins huit anciens ministres ou personnalités importantes de l'époque où le MCP dirigeait le Malawi ont été arrêtés ou interrogés par les autorités.
Parmi eux figurent l'ancienne secrétaire présidentielle et du cabinet, Colleen Zamba, ainsi que les ex-ministres du Commerce, des Collectivités locales, de l'Information et de l'Agriculture.
Sosten Gwengwe, qui avait précédé M. Chithyola au poste de ministre des Finances, a également été détenu, avant d'être libéré sous caution.
Bien que les autorités n'aient pas encore divulgué tous les détails de ces affaires, ces arrestations semblent témoigner des efforts déployés par le gouvernement de l'actuel président Peter Mutharika pour réexaminer les décisions et les opérations de son prédécesseur.
La police n'a pas donné la date à laquelle Chithyola comparaîtra devant un tribunal. L'ancien ministre n'a fait aucun commentaire public concernant les accusations portées contre lui.
AFP