Au Tchad, la condamnation de Succès Masra à 20 ans de réclusion criminelle est désormais définitive. La Chambre judiciaire de la Cour suprême, section pénale, a confirmé le jeudi 21 mai 2026 la décision rendue en première instance, rejetant ainsi le pourvoi en cassation introduit par l’ancien chef du gouvernement et leader du parti Les Transformateurs.
Réunie en audience publique sous la présidence de Samir Adam Annour, la haute juridiction a validé l’arrêt criminel n°018/25 rendu le 9 août 2025 par la Cour d’appel de N’Djaména, maintenant ainsi la peine infligée à Succès Masra.
Le collectif des avocats de la défense, conduit par Me Kadjilembaye Francis, n’a pas réussi à obtenir l’infirmation de la condamnation. À l’inverse, le ministère public et l’État tchadien, représentés par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), ont obtenu la confirmation du verdict.
Cette décision, désormais sans possibilité de recours ordinaire, met un terme à la procédure judiciaire visant l’une des principales figures de l’opposition tchadienne. Sauf mesure de grâce présidentielle, Succès Masra devra purger l’intégralité de sa peine.
Rappel des faits
En août 2025, Succès Masra avait été condamné à 20 ans de prison pour assassinat et complicité, diffusion de messages de haine par voie électronique, ainsi qu’association de malfaiteurs, dans le cadre de l’affaire dite des tueries de Mandakao.
Depuis sa condamnation, il est détenu dans les locaux de la Coordination de la Police judiciaire à N’Djaména.
Son parti, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, dénoncent un procès à caractère politique et réclament sa libération. Les avocats de la défense ont également sollicité à plusieurs reprises une évacuation sanitaire, évoquant de graves problèmes respiratoires, sans qu’aucune suite favorable n’ait été donnée à ce jour.
Malgré son incarcération, Succès Masra continue de s’exprimer à travers des messages adressés à ses partisans. Dans une lettre publiée à l’occasion du huitième anniversaire des Transformateurs, il a réaffirmé sa volonté de dialogue avec les autorités et d’apaisement politique, tout en estimant que cette posture d’ouverture aurait contribué à sa situation actuelle.