Une grève des transports publics et des blocages de routes par des manifestants pour protester contre une nouvelle hausse des prix des carburants perturbent lundi la circulation dans plusieurs villes du Kenya, dont la capitale Nairobi, selon des journalistes de l'AFP et des médias locaux.
Le Kenya dépend fortement des importations de carburant en provenance du Golfe et a été durement touché par le blocage de fait du détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
Le mouvement a été lancé par le secteur des transports après une nouvelle hausse jeudi par le gouvernement des prix des carburants à la pompe. Le diesel a notamment augmenté de 23,5%. L'Alliance des Transports, qui regroupe divers acteurs du secteur, avait affirmé dimanche qu'aucun véhicule ne circulerait dès lundi 00H00.
A Nairobi, des manifestants ont bloqué une des principales voies rapides avec des barricades et des feux. Certains tentaient d'arrêter les véhicules. Des manifestants chantaient "wantam!" ("un seul mandat"), à l'adresse du président kényan William Ruto, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des affrontements sporadiques ont opposé manifestants et policiers à plusieurs endroits de cette voie rapide, selon des journalistes de l'AFP. Le principal quotidien du pays, Daily Nation, a publié en ligne une vidéo d'affrontements entre manifestants et policiers sur une voie rapide à la périphérie nord-est de Nairobi.
Des milliers de travailleurs kényans sont également coincés par la grève des matatu, les bus et minibus exploités par des entreprises privées et assurant les transports publics au Kenya, selon les médias locaux.
Dans la capitale kényane, les rues de plusieurs quartiers, habituellement embouteillées le matin, étaient largement vides, ont constaté des journalistes de l'AFP. De nombreuses écoles ont annoncé aux parents d'élèves rester fermées pour la journée.
"Cette grève est totalement injustifiée, même si les prix des produits pétroliers ont augmenté", a déclaré à la chaîne privée NTV le ministre kényan des Finances, John Mbadi, affirmant que le gouvernement avait dépensé des centaines de millions d'euros pour atténuer la répercussion de la hausse des cours du brut sur les prix à la pompe dans une période de tension budgétaire.
"Cette guerre, nous ne l'avons pas déclenchée", a-t-il souligné.
Les autorités kényanes ont suspendu en avril l'application des normes de qualité des carburants afin de maintenir l'approvisionnement face aux pénuries.