Présent à l’APSACO 2026 à Rabat, le juriste et expert mauritanien en politiques publiques Sidi Mohamed Sidi, a salué l’Initiative Atlantique portée par le Maroc, qu’il considère comme une réponse stratégique aux défis du Sahel. En associant accès au littoral, intégration économique et stabilité régionale, cette vision pourrait, selon lui, ouvrir de nouvelles perspectives de développement pour les États enclavés de la région.
À l’heure où les pays du Sahel cherchent de nouveaux leviers pour sortir de l’enclavement économique et renforcer leur stabilité, l’Initiative Atlantique portée par le Maroc continue de susciter l’intérêt des experts africains. À Rabat, lors de la 10ᵉ édition de la Conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique (APSACO 2026), organisée par le PCNS, Sidi Mohamed Sidi, avocat, professeur de droit et expert en politiques publiques mauritanien, a salué une vision qu’il considère comme stratégique pour l’avenir de la sous-région.
Pour cet universitaire, l’initiative lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur des États sahéliens sans accès à la mer dépasse largement la seule dimension logistique. Elle s’inscrit dans une approche de « paix positive », fondée sur l’idée que la stabilité durable ne peut être dissociée du développement économique et de l’intégration régionale. « L’Initiative Atlantique adressée aux pays enclavés du Sahel est une initiative stratégique de grand avenir dès lors qu’elle associe la paix et le développement économique », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette vision intervient à un moment particulièrement opportun, alors que les équilibres géopolitiques et économiques mondiaux connaissent de profondes mutations. Dans ce contexte, les États sahéliens sont confrontés à des défis multiples : insécurité persistante, faiblesse des infrastructures, difficultés d’accès aux marchés internationaux et besoin croissant de diversification économique.
Une réponse aux attentes des pays enclavés
Pour Sidi Mohamed Sidi, l’un des principaux atouts de cette initiative réside dans sa capacité à répondre à une préoccupation historique des pays sahéliens : l’accès aux façades maritimes. Les États de l’Alliance des États du Sahel, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont un besoin vital de corridors logistiques performants leur permettant de renforcer leurs échanges commerciaux et de réduire leur dépendance vis-à-vis de routes parfois fragilisées par les crises régionales. « Les pays enclavés ont besoin d’une ouverture sur le littoral. C’est une préoccupation de première importance », a-t-il souligné.
L’expert estime ainsi que les futurs corridors reliant ces pays aux infrastructures portuaires de la façade atlantique marocaine pourraient constituer un puissant facteur de transformation économique et sociale pour l’ensemble de la région.
Au-delà des considérations économiques, Sidi Mohamed Sidi met en avant la légitimité particulière du Maroc dans le portage d’un tel projet. Il rappelle que le Royaume entretient depuis des siècles des relations historiques, culturelles et humaines profondes avec les pays d’Afrique de l’Ouest.
Pour lui, cet ancrage constitue un socle solide pour bâtir une coopération durable et crédible. « Cette solution a la chance de venir d’un pays qui compte douze siècles d’existence et qui entretient des relations historiques profondément enracinées avec ses voisins ouest-africains », a-t-il expliqué.
Cette proximité historique renforcerait ainsi les chances de réussite d’une initiative qui repose avant tout sur la confiance, la coopération régionale et la convergence des intérêts.
Une vision à concrétiser
Si le projet reste encore à traduire en réalisations concrètes, l’expert mauritanien considère que son annonce au plus haut niveau de l’État marocain constitue déjà un signal fort pour l’ensemble de la région.
Selon lui, la réussite de cette stratégie passera par la mise en œuvre de projets ciblés, capables de répondre aux besoins réels des populations concernées et de générer des retombées économiques tangibles.
Pour Sidi Mohamed Sidi, l’Initiative Atlantique représente ainsi bien plus qu’un projet d’infrastructure. Elle pourrait devenir un levier de paix, de prospérité et d’intégration régionale, offrant aux pays sahéliens une nouvelle perspective de développement dans un environnement marqué par de profondes incertitudes.