La Côte d’Ivoire engage une refonte majeure de son système électoral. Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté une réforme de la gouvernance électorale destinée à renforcer la transparence des scrutins, prévenir les crises postélectorales et restaurer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

S’exprimant lors d’une rencontre avec les partis politiques et les organisations de la société civile, le chef du gouvernement a dévoilé un nouveau dispositif reposant sur trois structures distinctes. La première sera chargée de l’organisation matérielle des élections, la deuxième du recensement et de la compilation des suffrages, tandis que la troisième assurera la supervision et le contrôle de l’ensemble du processus électoral.

Selon Robert Beugré Mambé, cette répartition des responsabilités vise à réduire les contestations récurrentes et à garantir davantage de transparence lors des échéances électorales.

«Nous voulons que chaque électeur soit convaincu que son vote compte, que le candidat battu comprenne les raisons de sa défaite et que le vainqueur soit reconnu comme légitime », a-t-il déclaré.

Le nouveau dispositif, qui doit faire l’objet d’un projet de loi prochainement soumis au Conseil des ministres, remplacera la Commission électorale indépendante (CEI). Créée en 2001 dans le cadre du renforcement du processus démocratique, cette institution a été dissoute le 6 mai dernier.

Le gouvernement justifie cette décision par les nombreuses critiques formulées au fil des années à l’encontre de la CEI, notamment sur son impartialité et sa crédibilité dans l’organisation des élections.

Dans un pays où plusieurs scrutins ont été marqués par des violences depuis les années 2000, les autorités espèrent que cette réforme contribuera à apaiser le climat politique et à renforcer la cohésion nationale.

«Nous voulons que les élections cessent d’être des moments de peur pour devenir des moments de choix », a conclu le Premier ministre, affirmant que cette réforme doit consolider durablement la paix, la démocratie et la stabilité en Côte d’Ivoire.