Madagascar accélère la modernisation de son arsenal juridique en matière de cybersécurité.

À l’occasion du premier Symposium de la cybersécurité organisé les 22 et 23 juin à Antananarivo, le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a annoncé l’avancée du chantier de réforme du cadre légal du secteur.

Le pays fonctionne encore sur une loi adoptée en 2014, un texte désormais jugé insuffisant face à la transformation rapide des technologies numériques et à la multiplication des cybermenaces. Une révision du dispositif a été lancée depuis décembre 2025 afin d’adapter la réglementation aux nouveaux défis.

« Le processus touche à sa fin et le nouveau cadre réglementaire sera publié d’ici peu », a déclaré le ministre Mahefa Andriamampiadana. La future législation devrait notamment apporter une définition claire des incidents de sécurité et identifier les Organisations d’Importance Vitale (OIV), considérées comme des infrastructures stratégiques à protéger.

Le nouveau dispositif prévoit également un mécanisme de contrôle renforcé. Selon Éric Rakotomaniraka, directeur général du Computer Incident Response Team (CIRT), cette réglementation ne restera pas uniquement déclarative : elle imposera des obligations précises aux acteurs concernés, avec des sanctions prévues en cas de non-respect.

Cette réforme intervient dans un contexte de forte progression de la cybercriminalité en Afrique. Les attaques numériques, les rançongiciels et les fraudes en ligne connaissent une hausse importante, poussant plusieurs pays du continent à renforcer leurs capacités de prévention et de réponse.

Selon les données du rapport 2025 d’INTERPOL sur les cybermenaces en Afrique, les crimes liés au numérique représentent une part croissante des infractions signalées, tandis que de nombreux États reconnaissent encore des insuffisances dans leurs moyens techniques et judiciaires de lutte contre la cybercriminalité.

Avec cette nouvelle loi, Madagascar ambitionne donc de mieux protéger ses infrastructures numériques, renforcer la confiance dans l’économie digitale et aligner son cadre réglementaire sur les nouveaux enjeux de sécurité.