Les flux d’investissements étrangers directs (IED) vers l’Afrique se sont établis à près de 70 milliards de dollars en 2025, signant la troisième meilleure performance du continent depuis 1990, selon le Rapport 2026 sur l’investissement dans le monde publié par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Bien qu’en baisse par rapport au record de 94 milliards de dollars enregistré en 2024, ce niveau reste supérieur d’environ un tiers à la moyenne historique du continent. La CNUCED explique ce recul par l’absence de très grandes opérations qui avaient dopé les résultats de l’année précédente.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et un durcissement des conditions d’investissement, la valeur des nouveaux projets a reculé de près d’un tiers. En revanche, le nombre de projets annoncés a augmenté, porté notamment par des investisseurs du Golfe et d’Asie qui privilégient des opérations de taille plus modeste dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la logistique et de l’immobilier.
Les pays africains les moins avancés (PMA) ont, pour leur part, attiré près de 33 milliards de dollars d’IED. Toutefois, ces investissements demeurent largement concentrés dans un nombre limité de pays, principalement autour des ressources naturelles, de l’énergie, des infrastructures et de certains projets industriels.
Le rapport met également en évidence l’intérêt croissant des investisseurs pour les minéraux critiques, les infrastructures énergétiques et les nouveaux pôles industriels. Cette dynamique profite notamment à l’Égypte, au Maroc et à l’Afrique du Sud, qui renforcent leurs capacités dans l’industrie, la logistique et l’hydrogène vert, tandis que la Namibie se positionne sur la chaîne de valeur des composants destinés aux batteries.
Si ces investissements confirment l’attractivité croissante du continent, la CNUCED souligne que leurs retombées restent inégalement réparties. L’organisation appelle les pays africains à accélérer les réformes, à développer leurs infrastructures et leurs compétences, afin de transformer ces capitaux en emplois durables, en industrialisation et en diversification économique.