Le Mali envisage de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie numérique en explorant la création d'une agence spatiale nationale et le développement de capacités satellitaires communes avec ses partenaires de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Cette ambition a été évoquée par le ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'Administration, Alhamdou Ag Ilyène, lors d'une rencontre avec le vice-secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT), Tomas Lamanauskas, en marge du Forum du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) 2026 à Genève.
Selon les autorités maliennes, ce projet s'inscrit dans une vision commune portée par les pays de l'AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – visant à développer progressivement des capacités satellitaires au service de la souveraineté technologique, de l'amélioration de la connectivité, de l'observation de la Terre et de la gestion des catastrophes.
À ce stade, aucune feuille de route, aucun calendrier de mise en œuvre, aucun budget ni partenaire technique n'ont été annoncés.
Pour le Mali, cette initiative constituerait une première. Le pays ne dispose actuellement d'aucun programme spatial officiellement documenté.
Le Burkina Faso apparaît plus avancé sur ce terrain. Dès 2019, Ouagadougou a lancé le projet Burkina-Sat1, un nanosatellite conçu par des ingénieurs burkinabè et testé en Chine en 2023. Son lancement reste toutefois suspendu à la disponibilité d'un lanceur. Les autorités burkinabè envisagent également la création d'une agence spatiale nationale. Le Niger, pour sa part, ne possède pas encore de programme spatial connu.
L'initiative de l'AES intervient dans un contexte où les technologies spatiales gagnent en importance sur le continent. La rupture de plusieurs câbles sous-marins en mars 2024, qui avait perturbé les services Internet dans treize pays d'Afrique de l'Ouest, a rappelé le rôle stratégique des infrastructures satellitaires pour renforcer la résilience des réseaux de télécommunications.
Au moins 21 pays africains disposent d'un programme spatial, tandis que 18 ont déjà placé au moins un satellite en orbite. Depuis son inauguration au Caire en avril 2025, l'Agence spatiale africaine (AfSA) coordonne les efforts continentaux dans ce domaine.
Selon le Centre africain d'études stratégiques (ACSS), les pays africains consacrent collectivement près de 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux, et plus de 120 nouveaux satellites devraient être lancés d'ici à 2030, rapporte l’agenceecofin.