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Afrique australe : la croissance repart, mais la reprise demeure fragile

Gaborone, capitale du Botswana, pays d'Afrique Australe
Gaborone, capitale du Botswana, pays d'Afrique Australe
31/07/2026 à 08:50 , Mis à jour le 31/07/2026

L'Afrique australe doit impérativement mobiliser davantage de ressources financières pour soutenir son développement et transformer sa reprise économique encore fragile en une croissance inclusive.

C'est le principal message du rapport « Perspectives économiques régionales 2026 pour l'Afrique australe », publié mardi par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

L'institution estime que la croissance régionale devrait progresser de 2,1 % en 2026 à 2,7 % en 2027, portée notamment par la consommation des ménages et le secteur des services. Toutefois, cette amélioration reste freinée par une faible diversification économique, une productivité agricole limitée, des infrastructures insuffisantes et une mobilisation encore trop faible des ressources nationales.

Selon la BAD, le principal défi de la région n'est pas le manque de capitaux, mais leur mobilisation et leur utilisation efficace. « Le défi ne réside pas simplement dans un manque d'argent, mais dans la capacité à mobiliser et déployer les ressources disponibles à grande échelle », souligne Kennedy Mbekeani, directeur général de la Banque pour l'Afrique australe.

Le rapport alerte sur un déficit annuel de financement estimé à 55 milliards de dollars d'ici 2030, dans un contexte marqué par le durcissement des conditions financières internationales et la baisse des financements concessionnels. Le taux d'investissement, tombé à 18,6 % du PIB en 2025, reste inférieur au niveau nécessaire pour soutenir une véritable transformation économique.

Sur le plan macroéconomique, la BAD relève une baisse sensible de l'inflation, qui est passée de 26,1 % en 2024 à 12,3 % en 2025 et devrait atteindre 8,4 % en 2026. Malgré cette amélioration, la région demeure confrontée à des déficits budgétaires persistants, à un endettement croissant, au chômage, aux inégalités sociales ainsi qu'aux effets des chocs climatiques.

Pour combler le déficit de financement, l'institution recommande de renforcer la gestion des finances publiques, de lutter contre les flux financiers illicites, de développer les partenariats public-privé et de mieux mobiliser les investisseurs institutionnels, notamment les fonds de pension, les compagnies d'assurance et les fonds souverains. Elle préconise également de développer les marchés de capitaux et d'accélérer la digitalisation afin d'élargir l'assiette fiscale.

Le rapport met également en lumière d'importantes ressources encore sous-exploitées, notamment les transferts de fonds de la diaspora, les marchés financiers et les richesses issues des ressources naturelles.