Le gouvernement angolais entend aller jusqu’au bout de son vaste programme destiné à lutter contre les effets de la sécheresse dans le sud du pays.

Lancé en 2019, le Programme de lutte contre les effets de la sécheresse dans le sud de l’Angola (PCESSA) sera entièrement mis en œuvre afin de garantir un approvisionnement durable en eau aux populations de cette région, a assuré samedi le président João Lourenço lors de sa visite dans la province du Cunene. À l’issue d’une visite de travail de deux jours, le chef de l’État a indiqué que le programme, dont le coût est estimé à 4,2 milliards de dollars, dispose des financements nécessaires à son exécution complète.

João Lourenço a rappelé que la décision de lancer ce vaste chantier avait été prise après sa visite, en 2019, à Ombala yu Mungu. Il y avait alors constaté les difficultés considérables rencontrées par les populations pour accéder à l’eau. Le Cunene avait ainsi été placé au cœur de cette stratégie nationale de lutte contre la sécheresse. Parmi les réalisations déjà opérationnelles figure le canal de Cafu, qui permet aujourd’hui d’approvisionner des milliers de personnes et de têtes de bétail en eau et de créer de meilleures conditions pour l’activité agricole.

Les infrastructures au cœur de la transformation

Le développement du Cunene ne repose toutefois pas uniquement sur l’accès à l’eau. Le président angolais a également annoncé une amélioration progressive du réseau routier afin de faciliter les déplacements, de relier les différentes localités et de permettre un meilleur accès aux infrastructures nouvellement réalisées.

João Lourenço a néanmoins reconnu les contraintes liées à l’ampleur des investissements. « Nous n’avons pas la capacité de tout faire en même temps et au même rythme », a-t-il souligné, précisant que les projets les plus coûteux et les plus longs à réaliser demeuraient prioritaires.

L’accès à l’électricité constitue également un autre défi majeur. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’améliorer l’approvisionnement énergétique des populations du Cunene, tout en développant l’accès aux écoles, aux services de santé et aux autres infrastructures essentielles.

Deux nouveaux barrages pour renforcer l’accès à l’eau

La visite présidentielle s’est achevée samedi à Cuvelai par la mise en service du barrage de Calucuve, après la coupure du ruban inaugural et l’activation du dispositif de fonctionnement de l’ouvrage.

Avant cette cérémonie, organisée en présence du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, invité d’honneur, João Lourenço avait également inauguré le barrage de Ndúe, dans la même municipalité.

Ces nouvelles infrastructures doivent contribuer à renforcer la disponibilité de l’eau et à soutenir le développement économique et agricole dans une région particulièrement exposée à la sécheresse.

La visite de deux jours avait débuté vendredi 4 septembre avec l’inauguration du Centre de la jeunesse du Cunene « Olukeno ». L’infrastructure, portée par la première dame angolaise Ana Dias Lourenço, a été réalisée dans le cadre des actions de responsabilité sociale de la Fondation Ngana Zenza pour le développement communautaire (FDC).

Avec la poursuite du PCESSA et la multiplication des infrastructures hydrauliques, routières et énergétiques, Luanda affiche ainsi son ambition de renforcer durablement les conditions de vie et les perspectives de développement dans le sud de l’Angola.