Le gouvernement sénégalais entend engager une politique de redressement économique et financier tout en excluant tout « ajustement sauvage » après l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), a affirmé mardi à Dakar le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.

Présentant le programme du gouvernement devant l’Assemblée nationale, M. Lo a dressé un diagnostic des finances publiques marqué notamment par une dette du secteur public consolidée estimée à environ 132% du produit intérieur brut (PIB) à fin 2024 et un déficit réévalué à 13,7% du PIB pour le même exercice.

« Il faut qu’on se dise la vérité sur les comptes. Il faut qu’on engage le redressement. Notre pays revient de loin », a déclaré le Premier ministre, ajoutant que les audits entamés en 2024 par la Cour des comptes avaient révélé « des choses incontestables ».

Il a également relevé un déséquilibre structurel entre l’épargne et l’investissement, l’épargne nationale étant estimée à 24% du PIB en 2026, contre des besoins d’investissements publics et privés évalués à 31% du PIB.

Concernant le financement du développement, M. Lo a estimé que le Sénégal ne pouvait vivre en autarcie malgré ses difficultés économiques et financières, plaidant pour une solution à l’endettement élevé du pays.

Il a cependant écarté tout scénario d’« ajustement sauvage » dans le cadre du programme convenu avec le FMI. « Nous ne sacrifions pas les intérêts des Sénégalais. Il n’y aura pas d’ajustement sauvage comme dans les années 80 », a-t-il affirmé.

Le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, avait déjà indiqué le 1er septembre que l’accord avec le FMI n’aurait pas d’impact négatif sur les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation, et qu’aucune nouvelle charge fiscale ne serait imposée aux ménages et aux entreprises.

La déclaration du gouvernement intervient une semaine après l’accord conclu entre le Sénégal et le FMI en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois destiné à contribuer à l’assainissement des finances publiques.

M. Lo, nommé fin mai par le président Bassirou Diomaye Faye, a également présenté un vaste plan de redressement économique et social destiné à répondre aux déséquilibres structurels et aux besoins de financement du pays.

 MAP