La chanteuse et compositrice Somi, nominée aux Grammy Awards, signe son retour discographique avec What Does It Take to Bloom ?, son nouvel album publié sous son label indépendant, Salon Africana.

Composé de 13 titres, ce projet marque le retour de l’artiste aux chansons originales après son expérience comme auteure dramatique et interprète à Broadway. Coproduit par Somi et Benjamin James, membre du duo nigérian de highlife The Cavemen, l’album a été conçu entre Dakar, Lagos, Paris et New York.

À travers ce nouveau disque, Somi explore des thèmes profondément personnels : l’identité, l’appartenance, la perte, l’incertitude et la transformation personnelle. Sa musique se nourrit du jazz et de la soul, tout en intégrant différentes influences issues des traditions musicales africaines.

Née aux États-Unis de parents d’origines rwandaise et ougandaise, l’artiste puise largement dans son parcours et dans les nombreux déplacements qui ont marqué sa vie.

«J’ai composé cet album au fil de mes voyages et de la perte de nombreux êtres chers. Il reflète ma quête d’un lieu et d’une manière de m’enraciner malgré tout. »

Somi espère également que ces chansons pourront résonner auprès de ceux qui, comme elle, cherchent un point d’ancrage : un sentiment de chez-soi, même lorsque celui-ci semble difficile à définir.

Un album façonné entre quatre grandes villes

L’album s’ouvre avec « Throw Something » et rassemble plusieurs morceaux déjà dévoilés au public, dont « We're All Falling », « Sometimes Love », enregistré avec The Cavemen, et « So You Want to Be a Woman », réalisé avec la saxophoniste Lakecia Benjamin.

Dans « We're All Falling », Somi aborde la question de la mortalité et de la fragilité de l’existence. Avec « Sometimes Love », elle s’inspire directement de l’atmosphère musicale de Lagos, où le titre a été enregistré avec The Cavemen.

De son côté, « So You Want to Be a Woman » s'intéresse aux attentes sociales et aux pressions qui entourent la féminité.

Le choix de travailler dans quatre villes — Dakar, Lagos, Paris et New York — illustre la dimension internationale de la démarche artistique de Somi. Il prolonge également son intérêt pour les passerelles entre les cultures africaines et américaines.

Entre héritage africain et quête identitaire

Au fil de ses précédents projets, Somi avait déjà exploré les liens entre le Nigeria, Harlem et l'héritage musical et politique de grandes figures africaines, notamment la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba.

Avec What Does It Take to Bloom ?, l'artiste déplace davantage le regard vers son propre parcours. L’album devient ainsi un espace d’introspection où se rencontrent racines africaines, expérience américaine, voyages, deuil et recherche d’appartenance.

Musicalement, Somi mêle jazz, soul et sonorités africaines pour construire un univers à la fois intime et ouvert sur le monde. Sa voix et son écriture occupent une place centrale dans ce projet qui apparaît comme une réflexion musicale sur la manière de grandir, s’enraciner et se réinventer malgré les bouleversements de la vie.

Outre les singles déjà connus, l’album comprend notamment « Mama On Bloomin'g », « Aiwah », « Sugar », « Mama On Tradition », « Ngayaya », « Lay It Down », « Interlude: Skin To Skin » et « Love Could Be Anywhere ».

Avec What Does It Take to Bloom ?, Somi livre ainsi un album personnel et profondément ancré dans la question de l’identité : comment trouver sa place, construire ses racines et continuer à fleurir lorsque le monde autour de soi ne cesse de changer ?