La Zambie renforce le contrôle de la distribution des produits pharmaceutiques. Le pays a lancé, le 2 novembre, un système national de traçabilité des médicaments destiné à lutter contre le vol et le détournement des produits issus des établissements publics de santé, a annoncé le ministre de la Santé, Roma Chilengi.
Mis en place par le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Autorité zambienne de réglementation des médicaments (ZAMRA), ce dispositif repose sur l'attribution d'un code-barres et d'un numéro de série unique à chaque boîte de médicaments. L'objectif est de suivre leur circulation depuis leur fabrication ou leur importation jusqu'à leur délivrance aux patients.
Le système prévoit également un marquage distinct selon la destination des produits. Les médicaments destinés aux structures publiques porteront une étiquette de sécurité rouge avec la mention « Propriété du ministère de la Santé, vente interdite ». Ceux réservés aux pharmacies privées seront identifiés par une étiquette bleue.
Selon le ministre Roma Chilengi, cette mesure permettra aux autorités comme aux consommateurs d'identifier plus facilement les médicaments appartenant à l'État qui seraient soustraits des circuits publics pour être revendus illégalement.
Pour faciliter l'application de cette nouvelle réglementation, une période transitoire est prévue jusqu'au 30 avril 2027. Elle permettra aux fabricants, importateurs, distributeurs et détaillants de se conformer aux nouvelles exigences. À compter du 1er mai 2027, aucun médicament dépourvu d'une étiquette de sécurité valide ne sera autorisé à la commercialisation sur le territoire zambien.
À travers cette initiative, les autorités entendent renforcer la surveillance de la chaîne d'approvisionnement pharmaceutique et limiter l'introduction de médicaments volés, contrefaits ou détournés dans les circuits de distribution légaux.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par des signalements récurrents de médicaments et de fournitures médicales financés par l'État, mais retrouvés dans des pharmacies privées et sur des marchés informels. Ces pratiques alimentent les inquiétudes concernant les ruptures de stocks dans les établissements publics et fragilisent la confiance des populations dans le système de santé.
Avec ce nouveau mécanisme, la Zambie entend ainsi améliorer la transparence dans la distribution des produits pharmaceutiques, renforcer la responsabilité des acteurs du secteur et garantir que les médicaments destinés aux structures publiques parviennent effectivement aux patients.