Battu par la Belgique et sorti par la petite porte du Mondial 2026, le Sénégal attendait des explications de son sélectionneur. Pape Thiaw a choisi de se faire encore plus petit que la porte par laquelle son équipe a quitté la compétition. Son attitude contraste, de manière flagrante, avec son agitation hystérique à Rabat, lors de la dernière finale de la CAN face au Maroc.
L’élimination cinglante du Sénégal face aux Diables rouges belges, sur un penalty lourd de conséquences, restera comme l’un des moments les plus mémorables de la Coupe du monde 2026.
Les Sénégalais menaient par deux buts à zéro jusqu’à la 86e minute, quand l’attaquant belge Romelu Lukaku, entré en cours de jeu, a réduit la marque, avant que Youri Tielemans n’arrache l’égalisation à la 89e minute. Aux derniers instants de la deuxième prolongation, le grand retour des Belges a été couronné par un penalty, sifflé après recours à la VAR, et transformé à la 125e minute par Tielemans.
Un scénario qui rappelle la finale Maroc-Sénégal, disputée à Rabat le 18 janvier dernier. Sauf que la réaction des Sénégalais, à commencer par celle de leur coach, n’a pas été la même.
Interrogé en conférence de presse d’après-match sur la décision arbitrale qui a précipité la chute des Lions de la Teranga, Pape Thiaw s’est fait tout petit. Pas de colère, pas d’indignation, pas de grand numéro, comme cela avait été le cas au Maroc, où le sélectionneur sénégalais avait même donné l’ordre à ses joueurs de quitter la pelouse pour protester contre un penalty accordé aux Lions de l’Atlas.
Sur le sol américain, il s’est limité à murmurer, les yeux fuyants : « Quand l’arbitre siffle penalty, nous, quand on a regardé, bon après, notre interprétation, pour nous, c’est qu’il n’y avait pas penalty. Après, les joueurs ont essayé de contester, c’est leur droit, mais ils ont quand même respecté la décision de l’arbitre, et le penalty a été tiré derrière. C’est ce penalty qui nous élimine. Aujourd’hui, maintenant, pas de commentaire là-dessus. Je préfère ne pas interpréter, parce que parfois, sur les penalties, il y a des interprétations différentes. L’arbitre a jugé qu’il y avait penalty. Il y en a qui disent qu’il n’y en a pas, mais moi, je préfère ne pas commenter et ne pas interpréter la décision de l’arbitre. Maintenant, il faut féliciter l’équipe de Belgique, qui est passée. »
Le contraste est saisissant. Aux États-Unis, les décisions arbitrales sont sacralisées. À Rabat, Pape Thiaw s’était permis non seulement de les dénigrer, mais aussi de refuser leur application en recourant à l’anarchie. Deux matches, deux penalties, deux discours, deux poids, mais surtout deux misères pour un coach que les Sénégalais tiennent aujourd’hui pour le pire de toute l’histoire de leur football national.
D’ailleurs, le sélectionneur belge, Rudi Garcia, lui a dispensé une leçon élémentaire, sur la pelouse comme en conférence de presse : « Le football, ce sont des émotions, et puis ce n’est jamais perdu tant que le coup de sifflet final n’est pas donné. Il faut toujours y croire. Il faut aussi toujours croire en ses propres moyens. »
Tout est peut-être là. La Belgique a continué à croire à la magie du football. L’équipe de Pape Thiaw, elle, a fini par apprendre que son « Pape » pouvait bien, en Afrique, se jouer des règles de la pauvre CAF, mais que face à la FIFA, il était incapable de produire un nouveau faux miracle.