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Rapport US sur le trafic des êtres humains. Des multirécidivistes africains (re)pointés du doigt

Antony Blinken
Antony Blinken
Mamadou Ousmanne
25/06/2024 à 11:53 , Mis à jour le 25/06/2024

Les États-Unis viennent de dévoiler leur rapport annuel sur le trafic des êtres humains dans le monde, relevant les top et les flop à travers le monde et mettant en lumière le rôle des technologies.

Presque les même «mauvais élèves» ressortent encore une fois dans la partie sombre du rapport du département d’État américain sur la traite des êtres humains. Exemples : l’Afrique du Sud et l’Algérie. Pays qui ont été déjà invités par les auteurs du même rapport à redoubler d'efforts pour lutter contre ce fléau, en vain.

Le rapport annuel américain établit sa liste en fonction des efforts constatés ou pas pour combattre le trafic des êtres humains. Les pays qui ne font pas suffisamment d'efforts peuvent faire face à des sanctions ou à un retrait d'aides américaines.

Autre exemple, extrême celui-là, le Soudan. Plongé dans une guerre dévastatrice depuis un an entre l'armée et les paramilitaires, ce pays est lui aussi pointé du doigt. «Nous avons pu constater un trafic par le gouvernement du Soudan en ce qui concerne le recrutement d'enfants soldats», relève Cindy Dyer, diplomate en charge de ce dossier au département d'État.

Du reste, treize pays, accusés de se livrer directement au trafic d'êtres humains, figurent sur la liste noire : Afghanistan, Belarus, Birmanie, Chine, Cuba, Érythrée, Corée du Nord, Iran, Russie, Soudan du Sud, Soudan, Syrie et Turkménistan.

Trafiquants plus que connectés que jamais

L'édition 2024 du rapport met un accent particulier sur «le rôle croissant de la technologie numérique dans la traite des êtres humains», comme l'a souligné le secrétaire d'État américain Antony Blinken. Les trafiquants utilisent de plus en plus les réseaux sociaux, les applications de rencontres et les plateformes de jeux pour cibler et recruter des victimes. Le recours à des transactions financières via des cryptomonnaies opaques a été aussi signalé.

Antony Blinken a mentionné des cas où des trafiquants attirent des personnes avec de fausses offres d'emploi, les transportant ensuite, par exemple, en Birmanie, où elles se retrouvent sans liberté de mouvement.

Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), environ 27 millions de personnes dans le monde sont victimes de trafic d'êtres humains, un commerce illégal qui génère annuellement environ 236 milliards de dollars en revenus.

Bien que le rapport souligne les insuffisances de certains pays, il pousse les pays directement ou indirectement concernés à fournir davantage d’efforts pour contrer les trafiquants. Dans ce cadre, les technologies numériques peuvent être utilisées pour renforcer les mesures de protection et de prévention, si elles sont bien régulées et surveillées.